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Des paroissiens veulent sauver leur église

Des paroissiens veulent sauver leur église
Mathieu Ste-Marie / Agence QMI

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Des citoyens de Sainte-Julie, en Montérégie, se mobilisent pour sauver leur église menacée de fermer s’ils ne réussissent pas à amasser les 650 000 $ nécessaires à la réparation de la façade du bâtiment. 

«On va tout faire pour conserver l’église!» s’exclame le président de la Fabrique de la paroisse de Sainte-Julie, Daniel Richard.

Lui et les membres de la fabrique ont lancé une campagne de financement l’automne dernier pour payer les onéreux travaux sur ce bâtiment, dont les grosses pierres risquent de tomber sur le parvis. Même si les 270 000 $ récoltés jusqu’à maintenant ne sont pas banals, l’objectif financier est encore loin d’être atteint.

«Nous ne pouvons pas faire d’activité de financement, c’est ça le gros problème en période de pandémie, souligne M. Richard. Dans les dernières années, avec des soupers ou des ventes aux enchères, nous pouvions amasser entre 10 000 $ et 15 000 $ par activité.»

La somme requise doit être récoltée bientôt puisque les travaux sont prévus cet été. «Si on retarde les travaux à l’an prochain, l’église va se détériorer et ça risque de coûter encore plus cher», s’inquiète le président.

Si elle ne réussit pas à atteindre son objectif à temps, la Fabrique voit deux options : contracter un prêt à son institution financière ou vendre le centre communautaire, près de l’église, dont elle est propriétaire. «Il y a moins de monde dans les églises et les gens sont moins intéressés, c’est vrai. Mais on se dit que c’est un beau bâtiment, c’est un patrimoine de la Ville», souligne M. Richard.

Situation précaire

L’église de Sainte-Julie fait partie de plusieurs institutions religieuses qui sont en situation précaire au Québec. En 2020, 32 lieux de culte ont été fermés, transformés ou démolis, selon le Conseil du patrimoine religieux du Québec. Ce nombre suit la tendance des dernières années.

De plus, de nombreuses fabriques ont fait des demandes d’aide financière pour restaurer leurs églises. Le Conseil, qui octroie 15 millions $ par année pour la préservation des biens immobiliers patrimoniaux religieux, a reçu pour plus de 45 millions $ en demandes d’aide.

«Nous nous attendions à une baisse des demandes puisque l’état des finances des fabriques très difficile aurait pu les convaincre de ne pas rénover leur église. Mais, ils ont quand même décidé de le faire», explique Andréanne Jalbert-Laramée, conseillère en patrimoine culturel au Conseil du patrimoine religieux du Québec.

Les fabriques doivent s’organiser pour faire des collectes de fonds puisque le Conseil paie seulement une partie des travaux.

«Le culte n’est pas suffisant»

Selon Mme Jalbert-Laramée, les églises devront se transformer sans quoi plusieurs disparaîtront faute d’argent. «Le culte n’est pas suffisant. Il faut multiplier les usages si on veut être en mesure d’entretenir l’église, faire des rénovations et qu’elle reste ouverte.» Plusieurs églises accueillent déjà des expositions, des concerts et d’autres événements culturels.

La conseillère en patrimoine culturel prévoit également que plusieurs municipalités deviendront propriétaire des églises ces prochaines années. «Les fabriques sont à bout de souffle», constate-t-elle.