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Elder marque encore l’histoire

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Photo AFP Lee Elder a participé à la cérémonie protocolaire donnant le coup d’envoi au Masters en compagnie de Gary Player et de Jack Nicklaus.

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AUGUSTA | C’était jour de première sur le tertre de départ de l’Augusta National, jeudi. Ainsi, Lee Elder, le premier Afro-Américain à avoir joué au Masters, a participé au traditionnel coup d’envoi protocolaire.

La direction de l’Augusta National avait procédé à cette annonce en grande pompe à son édition de novembre, il y a cinq mois. M. Elder était au rendez-vous aux côtés de Jack Nicklaus et de Gary Player dès 7 h 40. 

L’homme de 86 ans a regardé le « Golden Bear » et le « Black Knight » s’élancer. En raison de problèmes de santé, l’ex-golfeur aux quatre titres de la PGA, qui a participé à six éditions du Masters, de 1975 à 1981, n’a pu frapper la balle. 

Heureux souvenirs

Mais, avec émotion, il s’est rappelé de doux souvenirs. Dont celui de cette première marche vers le tertre de départ, le 10 avril 1975, alors qu’il était le premier Noir à s’y avancer en tant que participant. Il avait fallu 41 ans pour traverser la barrière de la race. 

« Je me souviens parfaitement combien j’étais nerveux. J’étais chanceux de jouer avec un gentleman en Gene Littler. Il comprenait que ce serait une difficile journée pour moi, a raconté Elder dans cette savoureuse traditionnelle conférence de presse après la cérémonie protocolaire. Il m’avait demandé de l’avertir quand il était dans mon chemin. 

« À chaque tertre et vert que j’approchais, les gens m’ovationnaient, a enchaîné l’homme qui avait signé une carte initiale de 74 (+2) à l’époque. Ces réactions m’avaient aidé à me calmer après quelques trous.

« Plusieurs fois, je me suis rappelé mes origines. J’avais travaillé fort pour participer à ce tournoi. J’avais réussi. Ma vie ne dépendait plus de ma performance ou de supporter la pression sur mes épaules. J’avais pu m’amuser et savourer le moment. »

Tant Nicklaus, champion cette année-là, que Player se souviennent de cette page d’histoire et l’applaudissaient encore jeudi. 

Le « Black Knight » a d’ailleurs raconté des histoires d’Elder à qui il avait demandé de participer à des tournois en Afrique du Sud. Cela lui avait valu d’intenses critiques durant l’apartheid. 

Cadets serviables

Le trio a aussi raconté de savoureux récits concernant les cadets afro-américains de l’Augusta National à l’époque. 

Celui de Player mérite d’être raconté.

« La première fois que j’ai joué en 1975, mon cadet était Ernest Nipper. Le meilleur que j’ai eu, point. Il vivait ici à Augusta. Il connaissait ces verts par cœur.

« Au quatrième fanion, j’avais un roulé de six pieds pour la normale. Je croyais viser tout juste le coin gauche de la coupe. Il m’avait répondu : “Black Knight, c’est plutôt le côté droit”. 

« J’avais aussitôt répliqué que c’était impossible. C’était le côté gauche. Il m’avait répondu : “Si ce n’est pas la droite, tu n’auras pas à me payer”. 

« J’étais alors convaincu de sa cible. La balle est tombée dans la coupe. »

En 1978, Eddie McCoy était son cadet. Il l’avait interpellé à son arrivée en lui rappelant l’importance d’une bonne performance. 

« Il avait un toit à mettre sur sa maison pour ses nombreux enfants. Il n’avait pas d’argent. Je l’avais rassuré en lui disant qu’on gagnerait de l’argent, s’est-il souvenu à propos de la bourse de 45 000 $ au champion. On va l’avoir le toit pour ta maison. » 

Tirant de l’arrière par sept coups sur Tom Watson, Player a joué 30 sur le neuf de retour, en route pour une carte finale de 64.

« Quand j’ai callé le dernier roulé, qui soit dit en passant est le plus important de ma carrière, Eddie aurait sans l’ombre d’un doute gagné le saut en hauteur aux Olympiques tellement il a bondi haut dans les airs. »