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L'Allemagne va discuter avec la Russie de l'achat de vaccins Spoutnik

L'Allemagne va discuter avec la Russie de l'achat de vaccins Spoutnik
Photo AFP

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L’Allemagne a annoncé jeudi vouloir discuter avec Moscou de possibles livraisons de Spoutnik V, sans attendre le feu vert de l’UE et alors que le de vaccin russe anti-Covid continue de susciter la controverse.

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« J’ai expliqué au nom de l’Allemagne au Conseil des ministres de la Santé de l’UE, que nous discuterions de manière bilatérale avec la Russie, tout d’abord pour savoir quand et quelles quantités pourraient être livrées », a indiqué jeudi le ministre de la Santé Jens Spahn sur la radio régionale publique WDR.

Il a justifié sa décision par le refus de la Commission européenne, signifié selon lui mercredi soir aux États, de négocier au nom des Vingt-Sept l’achat du sérum Spoutnik V, contrairement à ce qu’elle a fait avec d’autres vaccins contre la COVID-19.

« Propagande »

La question de l’utilisation du Spoutnik V est controversée en Europe. Le ministre français des Affaires étrangères a ainsi reproché récemment à la Russie d’en faire un outil de « propagande » dans le monde. 

Selon Berlin, toute livraison du vaccin russe reste toutefois conditionnée à un feu vert de l’Agence européenne du médicament (EMA).

« Les livraisons (russes, ndlr) devraient intervenir dans les deux à quatre, cinq prochains mois pour vraiment faire une différence avec notre situation actuelle » en terme de nombre d’injections, a précisé Jens Spahn, critiqué pour les lenteurs de la campagne de vaccination dans son pays.

« Sinon nous aurons d’une manière ou d’une autre des quantités de vaccin plus que suffisantes », selon lui.

Faute de pouvoir en produire suffisamment et souhaitant dédier en priorité sa production à la population russe, Moscou n’a expédié jusqu’à présent que des quantités réduites de son vaccin à l’étranger.

Depuis la première vaccination au lendemain de Noël, trois sérums sont actuellement injectés en Allemagne : ceux de Pfizer/BioNTech, Astrazeneca, sous conditions, et Moderna. Un quatrième, celui de Johnson & Johnson, doit dans les semaines à venir être distribué dans toute l’Union européenne.

En Allemagne la pression en faveur du vaccin russe monte. La Bavière, plus grande région du pays, a déjà annoncé mercredi avoir négocié un « contrat préliminaire » en vue de recevoir 2,5 millions de doses du vaccin russe sous réserve du feu vert européen.

Les discussions ont notamment été menées avec le Fonds souverain russe (RDIF) qui a financé le développement du vaccin.

Le Mecklembourg-Poméranie, région du nord-est peu peuplée, lui a emboîté le pas jeudi en pré-commandant un million de doses à la Russie. 

« Dépendance »

« Nous sommes actuellement encore dans la situation où il y a une grande dépendance vis-à-vis d’un nombre trop faible de fabricants » de vaccin, a souligné le ministre régional de la Santé, Harry Glawe, cité par l’agence dpa.

L’EMA n’a pas fixé d’échéance concernant sa décision sur le Spoutnik alors que pour les autres laboratoires ayant jusqu’ici soumis leur vaccin contre le Covid à une approbation, l’EMA avait examiné les données fournies durant 2 à 4 mois. 

Le ministre allemand de la Santé a insisté sur l’autorisation de mise sur le marché européen du Spoutnik préalable à toute distribution du vaccin dans son pays.

« Pour cela, la Russie doit fournir des données comme tous les autres (laboratoires) et tant que ces données ne sont pas fournies (...) il ne peut pas y avoir d’autorisation », a-t-il dit.

Les autorités allemandes, qui s’inquiètent vivement de la troisième vague de contaminations, sont sous pression alors que 13 % de la population a reçu au moins une injection plus de trois mois après le lancement en fanfare de la vaccination.

Les autorités ont promis que toutes les personnes souhaitant se faire vacciner pourraient recevoir au moins la première injection d’ici la fin septembre.

La chancelière et les dirigeants des 16 régions doivent se retrouver à nouveau lundi prochain pour décider de la suite des restrictions, Angela Merkel privilégiant un verrouillage court mais strict afin de juguler l’épidémie qui met le système hospitalier en difficulté.

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