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Les Québécois pourront s’envoler pour le Nord cet été

Le plus important transporteur de brousse de la province obtient l’aide de Québec

Pilotes de brousse - Aviation
Photo Francis Halin Simon Contant devant un DHC-3 Otter dans le garage d’Air Tunilik, à Laval. L’entreprise, qui possède 12 avions de 3 modèles différents, rêve de faire découvrir le Nord à tous les Québécois.

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La fin de la chasse au caribou, en 2018, avait mis l’industrie québécoise du transport de brousse à genoux et voilà que Québec vient en aide au plus important transporteur du secteur afin de passer à l’étape suivante. 

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Air Tunilik, qui possède une flotte de 12 hydravions et qui couvre seul plus de 80 % du territoire au nord du 49e parallèle, vient d’obtenir un prêt de 3 millions $ d’Investissement Québec et une subvention de 2 millions $. 

« Sans cette aide, la grande partie de l’infrastructure de transport de brousse, d’accès abordable à l’arrière-pays aurait disparu », se réjouit Simon Contant, 32 ans, PDG d’Air Tunilik et lui-même pilote de brousse. 

Ce passionné du Nord pourra ainsi faire voler ses 12 hydravions et opérer sa dizaine d’hydrobases – Manic-5, Sept-Îles, Havre-Saint-Pierre, Natashquan, Wabush, Baie-Comeau, entre autres – cette année. 

« Le service aurait été très limité, sinon, j’aurais roulé low-staff avec deux ou trois avions et on aurait pu transporter 7000 personnes tout au plus », explique-t-il. 

Le jeune PDG estime maintenant qu’il pourra transporter quelque 20 000 clients en 2021 vers des pourvoiries et des sites d’écotourisme, les deux grandes parties de sa clientèle.

Un nouveau modèle

La chasse au caribou, interdite aux non-autochtones depuis le moratoire décrété par le gouvernement Couillard en 2018, représentait environ 80 % du chiffre d’affaires des transporteurs comme Air Tunilik ou Air Saguenay.

Quand Air Saguenay a cessé ses activités en 2019, Simon Contant pensait faire la même chose avec Air Tunilik. Mais il s’est plutôt relevé les manches et a travaillé sur un nouveau modèle d’affaires où l’écotourisme occupe une place de choix. « Ça prenait une nouvelle vision », s’enthousiasme-t-il.

Il a racheté les actifs d’Air Saguenay au début de la pandémie, en avril 2020, notamment les hydrobases et quelques avions, et travaillait depuis à négocier avec Investissement Québec. 

S’il a obtenu 5 millions $ jeudi, il a aussi mis près de 5 millions $ de sa poche, puisque son projet représente un investissement de 10 millions $. 

« J’en ai misé beaucoup sur le projet pour que ça fonctionne », dit-il. 

Maintenant, il veut faire réaliser aux Québécois qu’ils n’ont pas à aller dans un autre pays pour voir des merveilles. 

« Pour la suite, je dois m’assurer de garder les Québécois au Québec, pour qu’ils découvrent le Nord-du-Québec et la Côte-Nord, qui est un endroit assez merveilleux à visiter », assure l’aviateur accompli.

Pas juste le tourisme

Mais attention, lance son chef-pilote et directeur au développement des affaires, Alexandre Lafortune, Air Tunilik ne fait pas que dans le tourisme. 

« On travaille aussi étroitement avec les minières, avec les sociétés d’État comme Hydro-Québec et la SOPFEU », dit-il fièrement. 

Les avions de l’entreprise transportent en effet énormément de matériel lié à l’exploration minière, par exemple. Ou encore des 2x4x16 de bois d’un propriétaire de pourvoirie qui rénove. « Même ça, ça rentre dans nos avions », rigole le chef pilote.

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