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Singh, éternel militant?

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On ne pourra pas accuser les militants du NPD d’être ennuyants.

Voici une liste en rafale des propositions qui pourraient en théorie être adoptées par le parti durant le congrès qui a lieu dès aujourd’hui et jusqu’à dimanche. 

Abolir les milliardaires, nationaliser l’industrie automobile, boycotter Israël, abolir l’armée, offrir le transport en commun gratuitement, ajouter un symbole autochtone au drapeau canadien, annuler la dette des étudiants, adopter la semaine de travail de 32 h. 

Je reprendrais bien une part de tarte aux pommes ! 

Plusieurs de ces propositions seront rejetées avant même d’être présentées au congrès. Et les chances qu’elles se retrouvent dans la plateforme électorale du parti sont encore plus minces. 

Cela relèverait du suicide politique. 

Hier, le chef Jagmeet Singh a rejeté l’appel à abolir l’armée. Il n’en reste pas moins qu’au NPD, contrairement aux autres grands partis nationaux, les résolutions adoptées par les militants sont automatiquement intégrées aux politiques officielles. 

La gymnastique de l’assemblée militante est donc plus risquée pour son chef. 

Coincé

À l’aube de son congrès, le NPD semble coincé.

À gauche, les libéraux s’amusent à lui piquer des éléments de son programme politique depuis des années sous Justin Trudeau.

Rien n’indique que le Parti libéral, qui tient lui aussi son congrès dès aujourd’hui et jusqu’à samedi, cessera de courtiser les progressistes chers au NPD. 

On pourrait à certains égards confondre les deux événements. 

Dans les deux cas, il sera question d’un revenu minimum garanti, de garderies subventionnées et d’assurance médicaments.

La charismatique chef des Verts, Annamie Paul, n’est pas non plus à négliger. Et Erin O’Toole, à droite, courtise activement les cols bleus syndiqués du secteur manufacturier qui forme une partie de la base électorale du NPD dans le Canada anglais.

C’est sans parler du Québec, où le parti semble incapable de se réconcilier avec le nationalisme québécois.

Quel habit ?

Le NPD a malgré tout résisté au choc de la pandémie. Il est le seul parti d’opposition à Ottawa à ne pas avoir perdu de points dans les sondages, alors que tous les projecteurs sont tournés vers l’action du gouvernement. C’est une victoire en soi.

Il y est arrivé en campant son rôle de prédilection, soit celui de la bonne conscience du gouvernement. Il n’a pas fait semblant de vouloir remplacer les libéraux au pouvoir. Il s’est contenté de pousser le PLC à bonifier toujours plus les programmes d’aide.  

Jagmeet Singh a adopté ce rôle d’empêcheur de tourner en rond dès son arrivée à la tête du parti, parfois maladroitement, en obtenant peu en retour de sa bonne foi. 

M. Singh est-il mûr pour la grande transformation ? À l’aube d’une élection, portera-t-il l’habit de l’activiste ou du premier ministre en devenir devant ses militants ?