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Un assassin trouve trop cruelle sa peine pour meurtre

Un Montréalais coupable d’avoir tué son père veut faire invalider sa sentence

Procès de Jérémie Fortier-Grenier
Photos d'archives Jérémie Fortier-Grenier [en mortaise] a tué son père, Richard Grenier, dans un technoparc de l’arrondissement Saint-Laurent avant de se débarrasser du cadavre dans un fossé.

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Un Montréalais qui a assassiné son père estime que 25 ans de pénitencier avant d’espérer une libération conditionnelle est trop cruel et veut faire invalider cette mesure, ce qui serait une première au Canada.

«La prolongation de l’incarcération au-delà de ce qui est nécessaire pour que la peine atteigne ses objectifs [dont la réhabilitation] constitue inévitablement un traitement cruel et inusité», a affirmé l’avocat de la défense, Me Martin Latour, jeudi au palais de justice de Montréal, dans le dossier de Jérémie Fortier-Grenier.

Fortier-Grenier, 26 ans, avait été déclaré coupable du meurtre prémédité de son père, Richard Grenier, et d’outrage à son cadavre, pour des événements qui remontent à mai 2018.

À l’époque, les deux hommes ne se parlaient plus vraiment en raison de tensions familiales. Une dispute avait également éclaté à propos du chalet du père, que son fils voulait avoir.

Fortier-Grenier a ainsi décidé de tuer son père, en lui tendant un guet-apens dans un technoparc de l’arrondissement Saint-Laurent.

«La victime croyait à tort reprendre contact avec son fils et lui rendre service, alors que ce dernier avait plutôt planifié sa mort», avait expliqué la procureure de la Couronne Me Claudine Charest, à l’ouverture du procès.

À son arrivée, Richard Grenier a été poignardé 32 fois par son fils, qui a ensuite jeté le cadavre dans un fossé.

«Dernière chance»

Déclaré coupable de meurtre au premier degré, Fortier-Grenier devait automatiquement écoper de la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. 

Or, son avocat s’est dressé contre cette période d’attente, en raison de la fin de la «clause de la dernière chance», qui permettait jusqu’en 2010 à un assassin, après 15 ans d’incarcération, de diminuer sa période d’inéligibilité s’il montrait patte blanche.

Le procureur général du Québec s’est toutefois opposé à cette demande.

«La défense dit que la peine obligatoire écarte la réhabilitation, mais il est possible de faire primer d’autres objectifs[, tels que la punition,] sans que ce soit inconstitutionnel», a plaidé Me Maxim Larose.

L’avocat a rappelé qu’aucun tribunal n’avait jamais invalidé cette mesure inscrite dans le Code criminel.

«Est-ce que les Canadiens trouvent cette peine odieuse ou intolérable?» a-t-il demandé.


Le juge Claude Champagne rendra sa décision à la fin du mois.