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Chambly songe à bannir les bouteilles en plastique de moins d’un litre

Une mesure qui ne passe pas

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Une épreuve de force s’est engagée entre la Ville de Chambly et des épiciers, dépanneurs et restaurateurs alors que la Municipalité a, dans ses cartons, un projet de règlement visant à bannir des produits à usage unique ainsi que les bouteilles en plastique de moins d’un litre.

Ces dernières semaines, l’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA), qui représente des marchands IGA et Métro, a fait parvenir une lettre à la mairesse, Alexandra Labbé, l’invitant à revoir le libellé de son projet de règlement, qui serait en vigueur à partir du 1er janvier 2022.

Dans le document présenté au mois de mars, la Ville de Chambly cherche notamment à bannir les sacs d’emplettes en plastique et en papier, la vaisselle et les contenants, ustensiles, pailles et emballages à usage unique. 

La vente de bouteilles en plastique de moins d’un litre serait également interdite, que ce soit des boissons gazeuses, énergétiques ou des jus.

C’est ce point qui chicote l’ADA, notamment en raison des impacts financiers sur les détaillants. La direction estime également qu’une telle mesure entraînerait une « fuite commerciale », car certains consommateurs se tourneraient alors vers d’autres municipalités pour acheter leurs produits.

« Que ce soit les épiceries ou les dépanneurs, ils vendent ces produits. Si la Ville veut interdire la vente, c’est de l’argent qu’ils vont perdre. Nous ne sommes pas favorables à ce règlement [...] et le pire, c’est que nous n’avons pas été consultés », déplore au Journal le porte-parole de l’association, Stéphane Lacasse. 

Ce dernier rappelle que Québec a déjà annoncé l’élargissement de la consigne à tous les contenants de boissons de moins de 2 litres pour 2022. « Avec cette consigne, on devrait augmenter le taux de récupération », dit-il, considérant que la ville de Chambly va « un peu trop loin ». 

M. Lacasse dit n’avoir jamais vu une mesure similaire ailleurs. Il rappelle également qu’à moins de 20 kilomètres, on retrouve les Industries Lassonde, qui fabriquent des boissons avec des contenants qui seraient bannis.

Moins de ventes

Du côté de l’Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec, la direction craint également que cette mesure vide les frigos des détaillants. On demande à la Municipalité de revoir sa position. 

« C’est assez drastique. On ne comprend pas pourquoi la Ville de Chambly veut aller aussi loin. On parle de beaucoup de contenants qui sont recherchés par les consommateurs », avance le DG, Yves Servais.

« C’est beaucoup de ventes. Pour moi, cela ne serait pas bon », ajoute pour sa part le propriétaire d’un dépanneur, préférant taire son nom.

À l’Association des Restaurateurs du Québec (ARQ), la direction s’inquiète aussi des impacts que pourrait avoir ce projet de règlement. Elle juge « précipitées » certaines des mesures proposées.

« Il y a de l’inquiétude. Lorsqu’on pense à interdire même les sacs en papier [...] comment les restaurants vont être capables de faire de la livraison ? », demande François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’ARQ.

Mardi dernier, la Ville a retiré de l’ordre du jour le vote sur ce projet de règlement sans fournir plus de renseignements. Il n’a pas été possible d’avoir une entrevue avec la mairesse ou un responsable de la municipalité.