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Des anciens juges convaincus de l’innocence de Jacques Delisle

Il pourrait retrouver sa liberté conditionnelle aujourd’hui

Paul Jolin
Photos Pierre-Paul Poulin et d'archives À 87 ans, l’ancien juge Paul Jolin connaît Jacques Delisle (en médaillon) depuis « plusieurs lunes » et est persuadé que son « grand ami » a été victime d’une erreur judiciaire. Jacques Delisle est emprisonné depuis 2012 pour le meurtre de sa femme.

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Deux magistrats retraités de la Cour d’appel, convaincus de l’innocence de leur ancien collègue et ami Jacques Delisle, espèrent de tout cœur qu’il retrouvera sa liberté aujourd’hui.

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« Depuis le début, c’est évident que c’est une erreur judiciaire », affirme le juge à la retraite Jean-Louis Baudoin, qui a témoigné en faveur de Jacques Delisle au procès, en 2012, et qui l’avait soutenu dans sa vaine tentative de retrouver sa liberté en 2016, dans le cadre de sa demande de révision ministérielle. 

Sans hésitation, il réitère son appui pour ce nouvel essai, rendu possible grâce à la décision du ministre fédéral de la justice d’ordonner un nouveau procès dans cette affaire.

À l’approche de ses 86 ans, Jacques Delisle, qui se dit condamné à tort, purge depuis 2012 une peine d’emprisonnement à vie pour le meurtre prémédité de son épouse. 

« Il a été incarcéré pendant presque dix ans. Il a plus de 80 ans. Il était temps que quelque chose se passe », plaide M. Baudoin.

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Il croit son ami

Même son de cloche du côté du juge retraité Paul Jolin, qui n’a jamais cru que Jacques Delisle – qu’il côtoie de façon personnelle et professionnelle depuis les années 1940 – ait pu assassiner sa femme. « Je serais incapable de me réconcilier avec ce fait-là », avance l’homme de 87 ans.

L’ex-juge Jolin croit plutôt son ami lorsqu’il a révélé, trois ans après sa condamnation, avoir fourni une arme chargée et prohibée à son épouse, qui souhaitait en finir.

« J’ai toujours été convaincu, personnellement, que sa version était la véritable version », tranche-t-il. 

Il assure avoir été témoin de la détresse de Nicole Rainville, « hypothéquée » à la suite d’un AVC et d’une fracture de la hanche. « Elle était profondément déprimée. Et on le serait à moins, vous savez. Je n’aurais pas été du tout surpris d’un suicide de sa part », confie M. Jolin.

Tant M. Jolin que M. Baudoin ont entretenu des contacts réguliers avec Jacques Delisle depuis sa condamnation. Ils ont tous deux visité leur camarade en prison, en plus d’avoir échangé des écrits et des appels.

Plusieurs appuis

Les deux hommes font partie des sept proches de Jacques Delisle ayant déposé des déclarations sous serment dans le cadre de son enquête sur remise en liberté, peut-on lire dans la requête à cet effet déposée hier au greffe de la Cour supérieure.

Me Pierre Cimon fait aussi partie du lot, selon ce même document. Le procureur-chef démissionnaire de la Commission Bastarache s’était porté garant de l’accusé en 2010, lors de sa remise en liberté en attente de son premier procès.

Joint par téléphone, Me Cimon n’a pas voulu commenter le dossier.


♦ L’enquête sur remise en liberté de Jacques Delisle se tiendra ce matin, au palais de justice de Québec. Son avocat, Me James Lockyer, comptait faire la route de Toronto pour être présent.

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