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Le prix des maisons unifamiliales grimpe de 27% en un mois : la surévaluation à nos portes

Le prix des maisons unifamiliales grimpe de 27% en un mois : la surévaluation à nos portes
Photomontage: Marilyne Houde

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Les plus récents chiffres du marché immobilier confirment ce que l’on craint déjà depuis longtemps : la flambée des prix dans la province pourrait mener à une dérive immobilière et ne serait pas sur le point de se calmer.

La hausse des prix que connaît actuellement le marché immobilier au Québec pourrait entraîner une surévaluation des prix sur le marché, avertit Charles Brant, directeur et analyste du marché pour l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ).

«Il y a un phénomène de déséquilibre du marché très important qui fait que la hausse des prix accélère rapidement en raison de la surchauffe du marché et de la surenchère, ce qui pourrait mener à de la surévaluation», prévient-il.

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Selon les chiffres dévoilés mercredi par l’APCIQ, la région métropolitaine de Montréal est particulièrement touchée avec une augmentation du prix médian de 32% pour une maison unifamiliale le mois dernier, par rapport à la même période l’an passé, a dévoilé les dernières statistiques de l’APCIQ.

Le prix médian s’établit donc à 481 000$ dans la région de l’île de Montréal et ses banlieues, Laval, Saint-Jean-sur-Richelieu et Vaudreuil-Soulanges. À la grandeur de la province, le prix médian se situe maintenant à 355 000$ pour un domicile unifamilial.

La tendance inquiète également du côté de la région de la Capitale-Nationale alors que le prix médian d’une résidence à Québec a bondi de 19% pour s’établir à 317 567$, une progression encore jamais observée.

La pandémie en cause

Bien que la montée des prix soit une tendance que l’on observe depuis quelques années déjà, c’est la combinaison de plusieurs facteurs attribuables à la pandémie qui est responsable de la flambée que l’on observe présentement au Québec. 

«Dès le début de la pandémie, les taux d’intérêt ont été ajustés à un niveau plancher, ce qui a eu un impact direct sur les taux hypothécaires et le pouvoir d’achat des ménages», précise Charles Brant.

Évidemment, la baisse des taux hypothécaires a toujours un fort impact sur l’immobilier, mais il a été particulièrement important après quelques mois de confinement. 

«Les gens ne dépensent pas en ce moment, on assiste à des taux d’économie record et l’immobilier devient très attrayant», explique -t-il.

Plus on avance, plus les gens épargnent. Plus les gens épargnent et plus ils achètent. Et l’engouement ne s’essoufflera pas avant la fin de la pandémie, selon lui. 

«Maintenant que le télétravail est généralisé et quotidien, les gens cherchent à améliorer leur situation pour que leur domicile réponde à leur besoin de travail et de divertissement», précise l’analyste. 

Il ajoute que la combinaison taux d’intérêt-épargne-engouement aurait été particulièrement favorable aux jeunes acheteurs qui ont été tentés de fuir un marché locatif en surchauffe dans la dernière année. 

Dans les derniers mois, cet engouement a fait grimper les prix puisque le nombre de logements mis en vente était inférieur à la demande. C’est le fameux principe de l’offre et la demande.

Résultat : plusieurs personnes se sont retrouvées à se battre pour les mêmes résidences, ce qui a donné lieu à de la surenchère. 

Vers des prix semblables à ceux de Toronto ou Vancouver?

Le 25 mars dernier, la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) avait signalé que le degré de vulnérabilité du marché montréalais demeurait «modéré » malgré les récentes hausses des prix, alors que le niveau pour les marchés de Toronto, Ottawa, Hamilton, Halifax et Moncton était passé à «élevé». 

Mais au rythme où vont les choses, est-ce possible que le marché québécois rattrape son heureux retard avec le reste du pays éventuellement ? 

Monsieur Brant se veut rassurant. 

«Il y a un petit effet de rattrapage, mais les prix ne rejoindront pas ceux des marchés comme Toronto ou Vancouver dans un avenir rapproché puisque ces marchés continuent d’enregistrer des hausses de prix, même si elles sont moins importantes.»

Le risque, c’est que les gouvernements réglementent pour régulariser le marché et mettent un terme à cette surchauffe dans les autres marchés en instaurant un plafond uniforme des prix. Cette régularisation se ferait au détriment de Montréal, encore considérée comme abordable en comparaison avec d’autres villes canadiennes densément peuplées. 

«S’il y avait des réglementations adaptées au marché de Toronto, mais trop sévère pour Montréal, par exemple, alors là il pourrait y avoir un déséquilibre et donc, un rattrapage», conclut-il. 

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