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Tournoi des Maîtres: attention à Jordan Spieth

Le champion du Masters 2015 au plus fort de la course

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Photo AFP D’un calme olympien, Jordan Spieth a multiplié les oiselets pour se rapprocher à deux coups du meneur Justin Rose à Augusta, vendredi.

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AUGUSTA | Jordan Spieth a réglé la majorité de ses comptes avec les dieux du golf depuis quatre ans. Le voilà de retour en forme là où il a amorcé sa descente aux enfers. Le champion de l’édition du Tournoi des Maîtres 2015 est à surveiller étroitement ce week-end.

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Après 36 trous, le Texan de 27 ans est prêt à bondir sur ses proies. Installé à égalité au quatrième rang, il n’est qu’à deux petits coups du meneur Justin Rose. 

Vendredi, le vainqueur de trois titres majeurs a signé une carte de 68 (-4) en réalisant cinq oiselets. Sa seule gaffe, même s’il a estimé avoir frappé un excellent coup de départ, est venue au 12e trou. Exactement là où il a laissé échapper son deuxième veston vert en ronde finale de l’édition 2016. 

Spieth a donc inscrit un boguey sur la normale 3 du 12e. Aussitôt sa balle récupérée dans la coupe, il l’a lancée dans la Rae’s Creek. Une offrande aux dieux qui l’ont emmerdé depuis quatre ans. 

Fort d’excellentes performances cet hiver et savourant sa récente victoire au Texas, sa première depuis 2017, l’Américain croit fermement pouvoir gagner dimanche. 

« Je suis en excellente position. Je suis satisfait d’être à deux coups de la tête, surtout rapidement après ma victoire. L’idéal, c’est lorsque j’évite de trop réfléchir et que je me repose. »

« Je suis aussi confiant sur ce terrain, a ajouté Spieth. Il sera de plus en plus difficile. J’accepte ce défi qui pourrait être un avantage si je parviens à bien maîtriser ma balle. Demain pourrait être une journée très volatile au tableau des meneurs, surtout avec les vents de plus de 30 km/h. »

Légèrement plus facile

Justement, l’équipe d’entretien du parcours avait arrosé les surfaces vendredi matin afin de « faciliter » la vie des golfeurs. Spieth a d’ailleurs plaisanté en disant avoir aperçu quelques grains de gazon qui avait dû pousser durant la nuit sur le vert du 9e

La moyenne des scores a diminué à 72,25 coups, vendredi. En ronde initiale, elle s’élevait à 74,52. La petite brise a changé la donne, permettant aux golfeurs d’être plus précis.

Toutefois, le meneur à l’issue de 18 trous, Justin Rose, n’a pas connu la même journée que la veille au bureau. Avec ses quatre bogueys à l’aller, il a tenu une petite réunion avec sa conscience sur le tertre du 8e

« J’avais le doigt qui approchait le bouton panique. J’ai eu une conversion avec moi-même en me rassurant que j’étais encore en tête du tournoi. Cela m’a permis de changer d’état d’esprit. » 

Le Britannique de 40 ans a finalement joué la normale (72). Il détient une maigre avance d’un coup sur la recrue Will Zalatoris et Brian Harman.

Un scientifique sans outils

Parmi les grands retours vers le tableau principal, il faut saluer les cartes de 66 (-6), les meilleures de la journée, de l’Autrichien Bernd Wiesberger et de l’Américain Tony Finau. Ils occupent le sixième échelon, entre autres en compagnie de Justin Thomas. 

Le musclé Bryson DeChambeau a aussi remonté au tableau. Auteur d’un score de 76 (+4) la veille, il a enchaîné avec un 67 (-5), ce qui le place à égalité au 17e rang. 

Le jeune golfeur avait ridiculisé l’Augusta National l’automne dernier à l’approche de l’édition 2020. Il avait alors affirmé qu’avec sa puissance, le parcours de 7475 verges ressemblait davantage à une normale 68 qu’à une normale 72. Il avait finalement pris le 34rang. 

À Augusta, celui qui est surnommé le « Mad Scientist » ne peut utiliser ses outils aidant son jeu. Ainsi, pas de livret démystifiant les verts ondulés et pas de bidules technologiques pour tester la rapidité des surfaces et contrôler la balle. Sur le « National », il faut se fier à ses sensations. 

« C’est mon plus grand combat. J’ai mes outils que je peux utiliser dans les autres tournois du circuit de la PGA. Ici, cet aspect du jeu est assurément un défi. Je veux tenter de le relever. C’est intéressant pour moi. »


♦ Le couperet est tombé à +3. Il inclut 54 golfeurs.

 

En direct d’Augusta 

L’Australien Marc Leishman s’est souvent placé en excellente position lors des tournois majeurs de sa carrière. À trois occasions à Augusta, le golfeur de 37 ans était en position enviable pour reluquer le fameux veston. En 2018, malgré sa meilleure prestation quant à la qualité de son jeu long, il n’avait jamais réussi à s’adapter à la vitesse des verts durant le week-end. « J’avais appris que ce parcours peut changer en une seule nuit, passer de tendre à ferme ou l’inverse en quelques heures. » À l’Open de 2015 à St. Andrews, Leishman s’était incliné en prolongation. Depuis, il compte deux tops 10 en Grand Chelem, dont celui du Masters en 2018. En novembre dernier, il avait terminé au 13e rang. 

Dans l’histoire du tournoi, huit golfeurs ont réussi à remporter le veston alors qu’ils étaient exclus du top 10 après 36 trous. Le meilleur retour de l’arrière à cet effet appartient à Jack Burke Jr, qui avait effacé un retard de huit coups en 1956. 

Bye-bye à plusieurs gros canons. Rory McIlroy n’a pas été l’ombre de lui-même cette semaine. Il aura à se creuser les méninges s’il souhaite un jour compléter son Grand Chelem. L’Augusta National est une véritable bête noire depuis qu’il a laissé échapper la victoire en ronde finale de l’édition 2011. Il a depuis obtenu d’excellentes occasions sans y arriver. Brooks Koepka a aussi plié bagage, lui qui est toutefois ennuyé par une blessure au genou droit. Manifestement, il n’était pas à l’aise, tant dans son élan que dans sa démarche. 

Chez les Canadiens, le champion de l’édition 2003, Mike Weir, a aussi pris la porte, non sans batailler. N’ayant pas joué en compétition depuis la fin de février sur le circuit des Champions, il estime avoir manqué de rythme. À tout le moins, il a quitté la propriété avec un petit sourire en raison de sa deuxième carte de 71 (-1). Celle de 78 (+6) avait fait tous les dommages, la veille. 

Aucun des trois amateurs du plateau n’a réussi à se qualifier aux rondes finales. C’est le porte-couleurs des Mustangs de l’Université méthodiste du Sud, Charles Osborne, qui a toutefois livré la meilleure performance en terminant à +8. Le champion amateur américain, Tyler Strafaci, a connu une deuxième pénible journée hier. D’ailleurs, son grand-père avait participé aux éditions 1938 et 1950 du Masters. 

Chapeau au double champion Jose Maria Olazabal (1994 et 1999), 55 ans, qui a réalisé un tour de force comme l’avait fait Bernhard Langer à l’automne en se qualifiant pour les rondes finales en vertu de sa fiche de +2, au 40e rang.