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Pourquoi la Chine persécute les Ouïgours

Le gouvernement chinois voit les religions comme une concurrence à son autorité

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NDLR : La Chine est-elle devenue un géant aux proportions qui devraient inquiéter l’humanité ? Dans une série d’analyses à lire jusqu’à lundi, notre chroniqueur et politologue expert de la Chine, Loïc Tassé, tente de répondre à cette question.


La Chine compte officiellement 55 minorités. Parmi ces minorités, 10 sont musulmanes.

Les musulmans sont installés en Chine depuis très longtemps. Dès le 7e siècle, les marchands musulmans assuraient une bonne partie du commerce entre la Chine et l’Europe.

De nos jours, les musulmans chinois sont surtout des Hui (10 millions), des Ouïgours (8 millions), et des Kazakhs (1,3 million). La vaste majorité de la population chinoise, 70 %, est athée.

Les croyances religieuses en général sont vues comme des superstitions d’un autre âge et sont découragées. Une partie importante des minorités musulmanes est donc devenue athée.

En réalité, la première raison pour laquelle les religions sont mal reçues en Chine est que le Parti communiste chinois (PCC) y voit une concurrence à son autorité.

Minorités diverses

Originaires de la province du Ningxia, les musulmans Hui sont disséminés dans plusieurs grandes villes.

Ils pratiquent un islam très ouvert, sans voile et souvent sans interdictions alimentaires. Leur langue ancestrale a disparu et ils parlent mandarin.

Les Ouïgours sont le second groupe musulman le plus nombreux en Chine. Originaires du Xinjiang, ils représentaient environ 75 % des habitants de cette province lorsque les communistes ont pris le pouvoir en Chine en 1949.

Depuis, sous le flot d’une véritable colonisation intérieure, ils constituent probablement moins de 30 % de la population de la province.

Le Xinjiang est un territoire stratégique important pour la Chine. D’abord pour ses réserves de gaz et de pétrole, mais aussi parce qu’il ouvre un accès au cœur du continent asiatique.

Des traits caucasiens

Les Ouïgours, contrairement à la vaste majorité des autres Chinois, ont des traits caucasiens. Ils aiment se rattacher à leurs origines turques. Historiquement, ils se sont toujours perçus à la périphérie de la Turquie plutôt que de la Chine.

Les Ouïgours ont aussi des velléités indépendantistes. Deux fois, en 1933 et en 1944, ils ont tenté de devenir un pays indépendant. Il faut dire que le Xinjiang (littéralement « nouvelle frontière » en chinois) n’a été incorporé que tardivement à l’Empire chinois, soit en 1884.

Les minorités du Xinjiang, tant les Ouïgours que les Kazakhs ou les Kirghiz, entretiennent donc des sentiments pour le moins mitigés envers les Chinois Han.

L’islam des Ouïgours est devenu plus fondamentaliste avec les années. Des groupes islamistes indépendantistes ouïgours sont également responsables de divers attentats terroristes à travers la Chine.

Enfin, les Ouïgours sont des joueurs clés du trafic de drogue en Chine.

Peu de chances de survie

Minorité sur leur propre territoire, soumis depuis des décennies à des politiques d’assimilation, à présent décimés par les politiques génocidaires de Xi Jinping, les Ouïgours ont peu de chances de survivre au 21e siècle.

D’autant plus que le gouvernement turc de Recep Tayyip Erdogan, plutôt que de soutenir les Ouïgours, préfère pactiser avec la Chine.

Ceux qui s’étaient réfugiés en Turquie commenceraient même à être extradés vers la Chine.

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