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Présidentielle au Pérou: dix-huit candidats et aucun favori

Présidentielle au Pérou: dix-huit candidats et aucun favori
Photo AFP

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Les Péruviens sont appelés aux urnes dimanche pour choisir parmi dix-huit candidats leur futur président qui devra résoudre à la fois l’urgence sanitaire liée à une pandémie en plein rebond, l’instabilité institutionnelle chronique et la récession économique.

Le scrutin qui s’annonce très indécis a été maintenu malgré la virulente deuxième vague de Covid-19 qui frappe l’Amérique latine, avec des records de contaminations et de décès qui n’épargnent pas le Pérou.

Dans un pays où le charisme du candidat l’emporte sur les positionnements idéologiques, 10 des 18 postulants sont orientés à droite ou au centre-droit de l’échiquier politique, quatre à gauche, un au centre et trois sont nationalistes.

Selon les derniers sondages d’opinion, aucun d’eux ne recueillerait plus de 10% des voix au premier tour, ce qui en fait « l’élection la plus ouverte de l’histoire » selon le directeur de l’institut de sondage Ipsos, Alfredo Torres.

Quelque 28% des sondés ont indiqué ne pas savoir qui aurait leur faveur dans le secret de l’isoloir.

L’ex-député de centre-droit Yonhy Lescano, l’anthropologue de gauche Veronika Mendoza et l’économiste libéral Hernando de Soto forment le trio de tête du dernier sondage Ipsos publié dimanche, avant que l’interdiction des enquêtes d’opinion n’entre en vigueur.

Mais l’ex-footballeur George Forsyth (centre-droit), l’homme d’affaires Rafael Lopez Aliaga (extrême-droite), l’enseignant Pedro Castillo (gauche) ou Keiko Fujimori (droite populiste), sont potentiellement en position de se qualifier pour le second tour le 6 juin.

Le président par intérim, Francisco Sagasti (centre), élu par le Parlement après la destitution en novembre 2020 de l’ex-président Martin Vizcarra, ne se représente pas.

M. Vizcarra, dont la destitution par un Parlement omnipotent avait provoqué des violentes manifestations, cherche à se faire élire comme député de cette assemblée unicamérale qui sera entièrement renouvelée dimanche.

Instabilité

Les Péruviens ont manifesté un faible intérêt pour cette campagne, usés par les crises institutionnelles à répétition qui, lors de la dernière en date, ont conduit le pays à avoir trois présidents en une semaine.

Destitué par le Parlement pour « incapacité morale » sur fond d’accusation de pots-de-vins présumés, le populaire président Martin Vizcarra a été remplacé par le député Manuel Merino, président du Parlement. 

Forcé cinq jours plus tard à la démission sous la pression de la rue et lâché par la classe politique pour sa répression des manifestations, ce dernier est alors remplacé par le conciliateur Francisco Sagasti.

M. Vizcarra avait lui-même remplacé en 2018 son prédécesseur Pedro Pablo Kuczynski, élu deux ans auparavant, démissionnaire à la veille d’un probable vote parlementaire pour le destituer.

Malgré la hausse rapide des contaminations et des décès, les candidats ont tenu des réunions électorales dénoncées à « haut risque de transmission » par le chef de la commission de santé publique de l’Ordre des médecins, Augusto Tarazona.

Trois des 18 candidats ont d’ailleurs contracté le Covid-19 durant la campagne.

Dans ce pays de 33 millions d’habitants où plus de 1,5 million de cas positifs et 53 000 décès ont été répertoriés, la question du report de vote, qui est obligatoire, n’a pas été débattue. Au Chili voisin, l’élection prévue dimanche d’une Assemblée constituante a été reportée de cinq semaines. 

Le Pérou, qui a lentement entamé sa campagne de vaccination, attend avec impatience le retour des quatre millions de touristes par an attirés par son inestimable patrimoine archéologique.

Après avoir connu pendant des années une croissance supérieure à la moyenne latino-américaine, l’économie péruvienne s’est contractée de 11,12% en 2020, le pire chiffre depuis trois décennies.

Quatre millions de Péruviens ont perdu leur emploi à cause de la pandémie et cinq millions sont devenus pauvres. Aujourd’hui, un tiers des habitants vivent dans la pauvreté, selon les statistiques officielles.

Dans le troisième pays d’Amérique du sud par sa superficie (1,28 millions de km2), les 25 millions d’électeurs appelés aux urnes voteront des villages de la jungle amazonienne aux hauts plateaux andins en passant par les rives du Pacifique.

Les premiers résultats partiels de la présidentielle devraient être connus vers minuit (05h00 GMT lundi). Les résultats officiels des législatives prendront plusieurs jours. Un deuxième tour est prévu le 6 juin.