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Ça sent la fin pour Hong Kong

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 NDLR : La Chine est-elle devenue un géant aux proportions qui devraient inquiéter l’humanité ? Dans une série d’analyses à lire jusqu’à lundi, notre chroniqueur et politologue expert de la Chine, Loïc Tassé, tente de répondre à cette question.


Hong Kong est à la veille d’un grand exode. Sur les 7,5 millions de personnes qui habitent Hong Kong, près de la moitié possèdent ou peuvent facilement obtenir une double citoyenneté. De ce nombre, 300 000 détiennent un passeport canadien.

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Beaucoup de Hongkongais sont en train de vendre leur maison et de faire leur valise. Ils attendent sagement que la pandémie mondiale se termine pour partir.

Leurs destinations de prédilection sont la Grande-Bretagne, l’Australie et le Canada. 

Ils seront accueillis à bras ouverts. Ils sont non seulement riches, mais surtout extrêmement bien éduqués.

Pékin heureux

Les autorités de Pékin sont contentes de voir ces Hongkongais partir. Pour Xi Jinping, ces Hongkongais sont insuffisamment patriotiques. Ils sont même perçus comme une menace intérieure.

Bien plus, leur départ prive le mouvement démocratique de Hong Kong de nombreux partisans.

D’ailleurs, sous la pression de Pékin, les Hongkongais qui possèdent la double citoyenneté sont désormais priés de choisir entre celle de Hong Kong et celle de leur autre pays. Faute de choisir, ils seront privés de services consulaires.

Et puis, le gouvernement chinois est persuadé de pouvoir remplacer ces Hongkongais assez facilement.

En effet, des millions de Chinois de la province voisine du Guangdong ne demandent qu’à déménager à Hong Kong, ce qui leur est difficile pour le moment.

Un visage qui change

Les grandes compagnies occidentales qui s’étaient établies dans la ville sont progressivement remplacées par des compagnies chinoises.

Aussi le visage britannique de Hong Kong commence-t-il à disparaître. D’ailleurs, l’anglais y est de plus en plus remplacé par le mandarin. 

Le sort de Hong Kong fait frémir les Taïwanais. Ceux-ci croyaient que la Chine de Pékin aurait préservé leur spécificité en cas de réunification.

Depuis Deng Xiaoping, les autorités de la Chine continentale avaient essayé de rassurer les Taïwanais : l’île serait soumise à la règle « d’un État, deux systèmes ». Mais Pékin n’a pas tenu parole.

Pire, l’acharnement avec lequel Xi Jinping a détruit le mouvement démocratique de Hong Kong illustre bien combien son administration est devenue ennemie de la démocratie et donc des démocraties.

Hong Kong est en train de devenir une ville chinoise comme les autres. Dans le processus, elle perd son âme, sa puissance et sa spécificité.

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