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L’âme à la dérive de sa «man cave»

Bruno Lachance a fermé les portes de son «repaire» aux amateurs du Masters pour une deuxième édition

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Rencontre avec Bruno Lachance, un passionné du Marters de golf, mardi le 6 avril 2021. Pour une deuxième année Bruno regardera la Masters seul dans son sous sol, interdiction de rassemblement du a la pandémie Covid 19.

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AUGUSTA | Tapi dans la région de la Capitale-Nationale, l’endroit fait rêver tous les amateurs de sports avec ses milliers de pièces de collection et ses items soigneusement placés sur les murs, les colonnes et les poutres. Dans ce que Bruno Lachance a surnommé «Home of The Masters», il n’y a pas un pouce carré disponible. Pour une seconde édition de suite, il doit fermer son «repaire»...

Satanée COVID-19, maudite troisième vague et foutu enchaînement de mauvaises nouvelles avec la flambée des cas dans la région de Québec. Quand sa zone a changé de couleur en mars, il souhaitait ardemment pouvoir accueillir des fervents et des amis aussi fous que lui du Tournoi des Maîtres dans sa «man cave». Pas de bol, tout est maintenant fermé et les rassemblements sont interdits. 

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Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Ce sera donc une autre édition du Masters à regarder sur son écran géant avec sa douce moitié Denise dans sa caverne d’Ali Baba pour sportifs. «La Cave aux Sports», de son vrai nom, voit son âme à la dérive. Elle vibre normalement au rythme des coups d’éclat des participants du Masters, du «tirage de pipes» dans le pool annuel, des blagues et des histoires virevoltant dans les airs entre les visiteurs. 

Une importante tradition

Le Tournoi des Maîtres est une tradition chez lui. Comme Noël et le jour de l’An.

En temps «normal», une quarantaine d’invités sont présents pour la perpétuer tout au long de la semaine du Masters. M. Lachance s’ennuie de son monde et de l’esprit festif, lui qui a fermé ses portes depuis 14 mois. L’atmosphère pèse, même s’il est excité par le tournoi. Son amour pour ce veston vert est quasi infini. Denise comprend et épaule son homme. 

Pour expliquer ses états d’âme, Bruno rappelle le concept de la pyramide de Maslow. Celle-ci établit la hiérarchie des besoins dans la vie. En son centre, elle décrit les besoins d’appartenance et d’amour. 

«C’est important de faire partie d’un groupe, d’aimer et d’être aimé, rappelle M.Lachance en entrevue avec Le Journal depuis sa cave. Ce n’est pas acquis, ça nous est prêté par la vie. Elle peut nous l’enlever n’importe quand, comme c’est présentement le cas avec cette pandémie.»

«Là, on ronge notre frein, poursuit-il, conscient que tout le monde est touché au Québec. Ma man cave comble un besoin naturel. D’ordinaire, je reçois beaucoup de monde. On se sent bien, on s’aime et on oublie les contraintes dans le confort en prenant une pause. C’est dans des moments comme le Masters qu’elle prend tout son sens.»

«Présentement, le mal d’aimer est criant, enchaîne l’homme âgé de 65 ans, inquiet de l’avenir, se résignant aux nouvelles contraintes sanitaires. On a passé la première vague, l’été, l’automne, et l’hiver qui fut difficile pour le moral. Pour tout le monde, il y a ce nuage gris au-dessus de nos têtes. Par chance, le printemps est hâtif.»

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Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Malgré toutes ses décorations, ses vives lumières et ses écrans, sa cave est morte. 

Sept années de collection

Bruno n’est pas seulement un amoureux fini du Masters et des sports, il est aussi un maniaque de la perfection. Il collectionne depuis 2014 des pièces sportives, des pièces d’équipement, des photos, des images, des bouteilles, des canettes, des drapeaux, pour ne nommer que ces items-là. 

Sa cave, c’est un passe-temps important dans sa vie de retraité. Il y met son amour en la décorant minutieusement. Modifier ou ajouter ne serait-ce qu’un seul item des 162 sports représentés lui vaut des heures de travail et de plaisir. 

Par son perfectionnisme, il raconte l’histoire du sport dans son musée. Surtout celle du Masters, du football et des grands athlètes québécois.

«Les détails sont hyper importants. Tout est réfléchi et disposé selon des raisons précises. J’ai mis des milliers d’heures à tout placer.» 

Et une seule visite ne rend pas justice à tout le «travail» accompli. C’est un tsunami d’informations oculaires. Une broue à la main en y pénétrant, les trouvailles s’enchaînent à une vitesse effarante. Les histoires qui y sont rattachées aussi. 

«Certaines pièces, j’ai mis des centaines d’heures à les trouver, précise celui qui les trouve sur le web, par des dons d’amis et des événements auxquels il a assisté. La Cave aux Sports, c’est un ensemble de symboles et d’histoires. Chaque détail est poussé à l’extrême.»

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Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Parmi ses récentes trouvailles, il a complété sa collection de fanions datés à l’effigie du Masters de 1999 à 2020. Celui de l’édition 2021 est en route. Il aura le temps d’y trouver une place. Dire que le sympathique couple avait ses billets pour une cinquième visite à Augusta et qu’il regarde, seul, cette autre page d’histoire dans une cave à la recherche de son âme... Maudite COVID !