/weekend
Navigation

Les vieux et les autres

we 0410 Essai
Photo courtoisie Les p’tits vieux… c’est les autres !
À quel âge est-on vieux ?

Diane Baignée
Éditions Michel Lafon

Coup d'oeil sur cet article

Pourtant, tout le monde rêve d’atteindre l’âge de la retraite en santé, sans trop de perte d’autonomie. « Bien vieillir », en somme, sans être un fardeau pour personne. Vieillir, oui, mais sans que ça paraisse trop. Même si notre corps se transforme et se chiffonne. Aimer encore et être aimé, loin de la solitude, des pertes et des douleurs de toutes sortes.

L’auteure, Diane Baignée, qui est travailleuse sociale et spécialisée en gérontologie, entend démontrer dans cet ouvrage et grâce à sa pratique qu’il est possible d’arriver à cet idéal, mais qu’il faudra d’abord vaincre notre pire ennemi : nous-mêmes et certains préjugés profondément ancrés en nous.

Il faut tout d’abord accepter de vieillir, dit-elle. Pour mettre fin aux frustrations de toutes sortes. Oui, nous sommes moins agiles qu’avant. Oui, chaque jour, de nouvelles douleurs peuvent apparaître. Mais cela se soigne car la science a fait des progrès remarqués dans ce domaine, alors que les mentalités, bien souvent, n’ont pas évolué au même rythme. Une fois cela admis, nous aurons franchi un grand pas.

Pour la gérontologue, il y a une différence entre vieillissement et vieillesse. Le premier est lié à un phénomène physiologique : vieillissement des tissus, des organes, des fonctions vitales, etc., tandis que le second serait davantage un concept, une construction sociale, une interprétation humaine. « C’est autour de ce concept que se cultive la discrimination liée à l’âge, que l’on appelle l’âgisme. » Et de citer quelques exemples de ces préjugés : « On les croit en l’occurrence fragiles, à risque d’accident, en mauvaise santé, grincheuses, impotentes, vulnérables, malades, asexuées ou trop portées sur la chose, hostiles face à la technologie, lentes, radoteuses, inefficaces, bref, on considère qu’elles coûtent cher à la société et qu’elles sont des nuisances... » La pandémie et le confinement ont d’ailleurs accentué ces manifestations d’âgisme. Dans le même ordre d’idées, l’auteure a dressé une liste assez exhaustive d’une vingtaine de mots et d’expressions qu’on utilise pour qualifier les personnes âgées, de « vieux schnocks » à « vieille chaussette », en passant par « croulant », « âge d’or » et « vieille chipie ».

Dévalorisés 

On apprend que cette dépréciation des personnes du troisième âge est beaucoup plus fréquente en Occident, « l’endroit au monde où les aînés sont le moins valorisés », tandis que « le Japon, l’Inde et la Chine sont les pays où les personnes âgées sont les plus honorées et respectées ». 

L’auteure rappelle que les personnes âgées en bonne santé ont coutume de dire qu’elles ne « ressentent » pas leur âge. Cela est très stimulant, constate-t-elle. « Au bout du compte, nous devenons conscients des effets du vieillissement quand les activités de notre vie quotidienne sont perturbées », précise-t-elle. L’âge chronologique compte, certes, mais il ne correspond pas nécessairement à notre « âge réel » ou « âge subjectif », celui que l’on ressent dans notre cœur et notre tête. Et de rappeler que les standards de beauté changent, selon les époques. « L’idéal serait de vivre en beauté au-delà des stéréotypes culturels et des influences sociales... Mais c’est bien difficile », conclut-elle. Car vieillir implique immanquablement des faux plis, des maladies plus ou moins graves. Et surtout la perte de la jeunesse, quoi qu’en disent les vendeurs de crème et autres recettes miracles. 

À lire aussi 

MONDE : UNE ODYSSÉE AU CŒUR DES GRANDES CONCEPTIONS PHILOSOPHIQUES ET SCIENTIFIQUES

Steeven Chapados<br/>
Éditions Fides
Photo courtoisie
Steeven Chapados
Éditions Fides

Ce livre est comme le chaînon qu’il nous manquait pour mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons – le nouveau monde –, d’où nous venons – l’ancien monde, celui de l’Antiquité grecque – et vers quoi nous allons – le futur incertain –, « évitant les pièges de l’érudition rébarbative tout en conservant une précision quasi chirurgicale ». Un merveilleux voyage dans le temps et l’espace, auquel sont invités tous ceux qui, curieux, ont soif de savoir, sans prérequis sinon notre appétit pour la connaissance. Nous y côtoyons « les grands penseurs de l’histoire, ou leurs adeptes et amis. [...] Chacune des visions du monde est inscrite dans son contexte historique, ponctuée d’anecdotes et de détails qui facilitent la lecture et humanisent la théorie, et enrichie de son destin à travers l’histoire des idées, sa postérité. » Étonnez-moi, disait la chanson, ici vous le serez à coup sûr.  


FONTAINES : HISTOIRE DE L’ÉJACULATION FÉMININE, DE LA CHINE ANCIENNE À NOS JOURS

Stephanie Haerdle<br/>
Édition Lux
Photo courtoisie
Stephanie Haerdle
Édition Lux

Sujet tabou ou obscène, l’éjaculation féminine ? Levez la main, ceux qui le pensent. Ce livre n’est pas pour vous alors. Par contre, il intéressera tous ceux, les hommes surtout, qui sont curieux d’en savoir un peu plus sur le sujet que les ragots de fond de taverne (ou de bar miteux). Reconnue pendant des milliers d’années comme faisant partie de l’expérience sexuelle féminine et masculine, ce n’est que vers la fin du XIXe siècle en Europe « que l’éjaculation féminine a été niée, refoulée, tabouisée, pour être finalement largement oubliée ». Comme si les femmes n’avaient pas droit au plaisir sexuel ou n’avaient tout simplement pas de prostate. « Le fait que la prostate féminine soit un organe fonctionnel équivalent à la prostate masculine (issu du même tissu embryonnaire) est rarement mentionné » dans les ouvrages médicaux, affirme l’auteure, qui fait le point sur les études et les recherches en matière de jouissance sexuelle féminine.