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Quand la jeunesse s’exile de la culture québécoise

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La grande saignée démographique enclenchée au milieu du XIXe siècle, qui a poussé des centaines de milliers de Canadiens français à s’exiler aux États-Unis, est étrangement absente de la conscience collective.

Nous savons qu’elle a eu lieu, mais nous ne l’avons pas interprétée à la manière d’une catastrophe collective, comme si les Québécois ne comprenaient pas le sens de leur passé.

Notre peuple s’est pourtant vidé d’une partie de lui-même, et on ne peut que se demander à quoi ressemblerait le Québec si elle ne s’était pas produite. 

Histoire

Il n’est pas interdit de croire qu’une semblable saignée soit en train de se produire, aujourd’hui, mais d’une manière inédite. 

Une partie de la jeunesse, même si elle n’est heureusement pas majoritaire, est manifestement tentée de changer d’identité à l’intérieur du Québec même, comme si elle voulait s’exiler culturellement dans ses propres frontières. 

On le voit notamment à travers le désir de plus en plus affiché par certains de fréquenter le cégep anglais, qui devient un point de passage d’une identité de référence à une autre.

On ne va pas au cégep anglais pour apprendre une autre langue, mais pour changer mentalement d’identité, comme si ceux qui opèrent ce mouvement voyaient dans la culture québécoise non plus une culture qui émancipe, mais une culture morte dont on doit se libérer. 

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Cégep

Il y a une différence avec le précédent exode, toutefois : hier, on s’exilait pour gagner son pain. 

Nulles circonstances atténuantes désormais : c’est plutôt comme si une partie de la jeunesse ne voulait plus poursuivre notre aventure collective, et s’américaniser au nom de la « modernité ». 

Je ne veux pas croire que cette tendance soit irréversible. Mais pour la renverser, il faut un geste politique fort, d’une grande puissance symbolique. 

Je n’en vois pas d’autres, à court terme, que l’application de la loi 101 au cégep.