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Vincent Vallières livre son meilleur album en carrière?

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Bien que de parler de « l’album de l’introspection » fait cliché rare, quand le principal intéressé ouvre son huitième album avec une pièce rock borderline psychanalytique nommée Heille Vallières (qui plaira au passage aux fans du Deviens-tu c’que t’as voulu de Boucher par la bande), le scribouillard que je suis ne peut résister à ce lieu commun.

Vincent Vallières  

Photo courtoisie

★★★★ 1/2

Vingt-deux ans après la parution de son premier LP Trente arpents, l’auteur-compositeur-interprète semble revisiter ses débuts ou, du moins, jouer avec l’aiguillage de ses rails. 

Plus « bordel » que « le monde »...

Deux décennies – et au moins un hit incontournable – plus tard, Vincent Vallières ne fait plus du rock, du folk, de la poésie ou bien des saynètes du quotidien chantées à la guit’ électrique ou sèche, mais bien du Vallières, tout simplement. Au risque de me faire bombarder de courriels, j’ajouterais que ce Vallières était un brin prévisible depuis Fabriquer l’aube (2009), l’album suivant la désormais éternelle On va s’aimer encore (Le repère tranquille, 2006) : du folk à la facture souvent éthérée, pop et copieusement répétée par bon nombre de ses congénères malheureusement

Or, avec Toute beauté n’est pas perdue, l’artiste revient à une proposition plus rock – sans répudier le reste, bien sûr – qui n’est pas sans rappeler celle de Bordel ambiant (2001). Nostalgie ? Exercice de style ? Après tout, certaines pièces – Elle n’entend plus battre son cœur et Je suis comme toi, notamment – font écho bien malgré elles à certains hits des années 90 ou, du moins, au « son » rock folk de cette décennie. Peu importe la direction et l’époque, toutefois, une constante demeure : Vallières confirme à nouveau son talent de raconteur. 

Cerise sur le sundae !

L’auteur-compositeur-interprète livre ici non seulement un exercice de synthèse admirable de son propre cheminement, mais aussi une œuvre sensible et rythmée. Ça pourrait bien être son meilleur en carrière.

En prime : Marjo (oui, oui) l’accompagne sur l’attendrissante ballade Tout n’est pas pour toujours. Je confirme alors : Toute beauté n’est pas perdue est le meilleur album de Vincent Vallières... à ce jour.

Cheap Trick  

Photo courtoisie

★★ 1/2

In Another World

Le combo rock culte persiste et signe avec un 20e album en carrière, dévoilé cinq ans après We’re All Alright ! qui a plutôt été bien reçu par la critique. Près de 50 ans après sa création, Cheap Trick ne tente plus de repousser ses propres limites ou encore de gagner une nouvelle génération de mélomanes. Bien confortables dans leurs pantoufles, les gars offrent ce que leurs fans réclament : du rock aussi fromagé qu’accrocheur. Correct, sans plus. 

Maude Audet  

Photo courtoisie

★★★ 1/2

Translations

L’autrice-compositrice-interprète folk rock y va d’un maxi où elle traduit son propre matériel en anglais et – au risque d’avoir l’air colonialiste – je dois avouer que je préfère ces refontes qui confèrent au passage de nouvelles qualités aux pièces de Mme Audet, désormais extirpées du sillon folk pop francophone local déjà surchargé. Ce matériel est maintenant plus intemporel, cosmopolite et complète à merveille l’œuvre de l’artiste. Translations pourrait autant être un EP d’ici paru en 2021 qu’un vieux vinyle british trouvé dans un coffre au grenier. Démarche intéressante, bref !

Rude City Riot  

Photo courtoisie

★★★

Shady Schemes & Molotov Dreams

On va s’le dire : j’espérais aborder le nouvel album de Taytay, mais son distributeur n’a pas été capable de me fournir un lien pour l’écouter à temps, histoire d’éviter les fuites, j’imagine. D’où ma décision de me faire plaisir et de souligner qu’avec le printemps viennent les bourgeons, les gars en shorts de jeans dès le mois d’avril et le retour du ska punk. Parmi les parutions à surveiller : le deuxième LP de ce combo vancouvérois qui devrait plaire aux fans des Interrupters tant c’est rock et, avouons-le, un brin bonbon. L’été arrive officiellement. On ne lâche pas !

Coup de coeur     

REQUIN CHAGRIN

Photo Courtoisie

★★★★

Bye Bye Baby

Sensation française qui captive l’industrie musicale depuis son association à KMS Records, l’étiquette de disques menée par Nicola Sirkis d’Indochine, Requin Chagrin est évidemment plus qu’une émule du groupe culte. Bien que le collectif opte aussi pour un rock francophone flirtant avec le new wave par moments, on tisse également d’autres liens au fil des écoutes (les guitares abrasives et quelques épisodes psychédéliques, par exemple, font écho à The Vaccines, voire La Femme). La parution qui m’excite le plus de l’année à ce jour.