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22 000 raisons de vacciner les profs

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Au primaire, avec les plus jeunes, il y a souvent une causerie le lundi matin. Lors de cette activité, l’enseignante invite les petits à raconter leur fin de semaine aux amis de la classe. Face à la franchise déconcertante de certains de leurs élèves, plusieurs profs ont cessé cette routine depuis plusieurs semaines.

Des tranches de vie déprimantes ou choquantes – j’imagine que ça dépend du point de vue – du genre: «Madame, moi, j’ai couché chez mon ami», «j’ai soupé avec mes cousins», «j’étais à la fête de ...» généraient un peu trop de malaises.

Vous voyez le topo?

Pas la faute des jeunes

Au secondaire, les adolescents sont plus discrets sur leur fin de semaine, mais nous savons tous que des rigolos ne respectent pas les consignes à l’école et à la maison. J’en connais même qui vont suivre leurs cours à distance chez des amis...

Et je dois vous avouer que je ne suis ni surpris ni choqué.

Je suis papa et je suis enseignant. La bêtise, c’est mon quotidien. À la maison avec mes trois enfants et à l’école avec mes 120 élèves.

Est-ce que j’ai un problème avec ça? Non. Je leur pardonne facilement.

Après tout, nous sommes là pour les éduquer. Autant que faire se peut, il faut les amener à réfléchir plutôt que de les encourager dans leurs niaiseries. J’aime à croire que nous devons être des exemples, des modèles.

Bref, on ne peut pas en demander plus aux enfants qu’à leurs parents. Voilà pourquoi mon monde, celui des adultes, a le don de me mettre le feu au derrière.

En attendant un vaccin de pensée critique

Samedi, à Montréal, il y avait une manifestation organisée par le Collectif Parents Québec. C’est sous le thème Pour un retour à la normale dans les écoles que plusieurs centaines de manifestants ont protesté contre...

Le manque de services en orthophonie, en psychologie ou en orthopédagogie dans nos écoles? Le nombre astronomique de suppléants (pas toujours qualifiés) qui sont passés devant la classe de leurs enfants depuis le début de l’année? Les ratés de la mise en place d’un système de tutorat efficace?

Non, non et non.

Ils déambulaient dans les rues – la plupart sans masque – afin d’exprimer leur désaccord au sujet des mesures sanitaires à l’école.

Selon Jean Béliveau, un gagnant sait pourquoi se battre et quand céder pour parvenir à un compromis. Un perdant parvient à un compromis quand il ne faut pas le faire et se bat pour quelque chose qui n'en vaut pas la peine.

À la suggestion d’un collègue, je suis allé consulter la page FB du Collectif Perdants (Oups!) Parents Québec ce matin.

Un délire.

Si c’était l’affaire d’une centaine d’hurluberlus, il n’y aurait pas de quoi en faire tout un plat. Mais le site compte plus de 22 000 membres...

Et dire que certains se demandent encore pourquoi des membres du personnel scolaire s’inquiètent pour leur santé et celle de leurs proches!

Pour le gouvernement, il devient de plus en plus difficile de justifier son inaction quant à la vaccination dans le secteur de l’éducation. Plus d'une éclosion active sur quatre serait présentement liée aux écoles.

Si ce n’était pas encore suffisant, la manifestation de samedi nous aura permis de découvrir au moins 22 000 nouvelles raisons de protéger la santé du personnel œuvrant dans nos écoles.