/news
Navigation

Débardeurs du Port de Montréal: grève des heures supplémentaires dès mardi

Coup d'oeil sur cet article

Le conflit de travail entre l'Association des employeurs maritimes (AEM) et les débardeurs du Port de Montréal s'est encore envenimé, dimanche, avec l'annonce du déclenchement d'une grève des heures supplémentaires dès mardi.

• À lire aussi: Les services portuaires: un service essentiel, point

• À lire aussi: Les débardeurs du Port de Montréal rejettent massivement l’offre patronale

Répliquant à une annonce de l’AEM qui veut suspendre certains privilèges de ses employés, les débardeurs annonceront, lundi, qu’ils ne feront plus la moindre heure supplémentaire dès mardi.

«Les activités du port; le quart de jour, le quart de soir, le quart de nuit, ça se poursuit», a cependant précisé Lisa Djevahirdjian, conseillère syndicale pour le Syndicat canadien de la fonction publique, qui représente les débardeurs.

En plus de la grève des heures supplémentaires, les débardeurs cesseront leurs activités la fin de semaine, dès le samedi 17 avril, a ajouté Mme Djevahirdjian.

De plus amples détails seront annoncés lundi à l’occasion d’une conférence de presse du syndicat pour faire le point sur le conflit de travail.

Samedi, l’AEM avait annoncé avoir l’intention de suspendre, dès mardi, la garantie de revenus en cessant de rémunérer les heures non travaillées.

L’employeur a justifié cette décision en soutenant que le Port de Montréal a subi une baisse de 11% du volume de marchandises qui ont transité par le port en mars, un phénomène attribué à «l’incertitude et l’anxiété générées par la situation liée aux relations de travail».

Ce nouveau développement survient alors que le syndicat assurait, samedi, que les négociations ont enfin progressé au cours des derniers jours.

«Les discussions se sont poursuivies tard en soirée au cours desdites journées et pour la première fois en sept mois, l’employeur a véritablement négocié avec vos représentants syndicaux, particulièrement sur des demandes syndicales touchant la conciliation travail/vie personnelle et les horaires de travail», avait indiqué le président du Syndicat des débardeurs, Martin Lapierre, à ses membres.

Les débardeurs du Port de Montréal avaient déclenché une grève de deux semaines, en août dernier, avant de conclure une trêve qui est venue à échéance en mars. Les employés, sans contrat de travail depuis 2018, ont refusé quasi unanimement la dernière offre patronale, le mois dernier.

L'organisme Manufacturiers et Exportateurs du Québec craint la grève au Port de Montréal:   

Alors que les débardeurs du Port de Montréal entendent entreprendre une grève des heures supplémentaires dès mardi, l'organisme Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) s’inquiète des possibles répercussions sur ses membres.

Si le port de Montréal ne sera pas complètement à l’arrêt, il est clair qu’il y aura un ralentissement des opérations, estime Véronique Proulx, présidente-directrice générale de MEQ.

«Les manufacturiers et exportateurs qui sont les utilisateurs du port vont ressentir les effets. Ça va être plus difficile d’avoir accès et d'expédier de la marchandise à partir du port», a-t-elle dit en entrevue à LCN dimanche.

Ce ralentissement pourrait également avoir des répercussions sur les travailleurs et les lignes de production, a ajouté Véronique Proulx, qui souhaite éviter qu’un scénario semblable à celui de l'été dernier se répète.

«L’été dernier, lorsqu’il y a eu une grève, plusieurs se sont fait prendre au piège et leurs conteneurs étaient pris au port de Montréal. On a passé très près de mises à pied de centaines d’employés et d’arrêt des lignes de fabrication», a-t-elle mentionné en faisant référence à une grève de deux semaines des débardeurs en août dernier.

Éventuellement, si le conflit entre l’employeur et les employés persistent, ce sont les consommateurs qui risquent d’écoper.

«Ils vont avoir plus de difficulté à trouver les produits dont ils ont besoin ou, du moins, ils risquent de devoir attendre plus longtemps pour y avoir accès», a lancé Mme Proulx.

La PDG de MEQ souhaite donc que le gouvernement fédéral intervienne pour représenter les manufacturiers et exportateurs du Québec, qui n’ont pas de siège à la table de négociations, mais qui, selon elle, seraient les plus impactés par un ralentissement des activités au port.

  •  Écoutez l'entrevue avec Michel Murray, conseiller spécial du Syndicat Canadien de la Fonction Publique SCFP avec les débardeurs du port de Montréal sur QUB radio