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Des alliances sulfureuses avec des pays délinquants

Le gouvernement chinois n’hésite pas à faire affaire avec des nations mises à l’écart

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NDLR : La Chine est-elle devenue un géant aux proportions qui devraient inquiéter l’humanité ? Dans une série d’analyses à lire jusqu’à lundi, notre chroniqueur et politologue expert de la Chine, Loïc Tassé, tente de répondre à cette question.


Les pays qui sont mis au ban des nations peuvent de plus en plus compter sur un allié de choix : la Chine.

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La justification idéologique de ces alliances emprunte aux vieux arguments marxistes : les pays qui sont ostracisés par les États-Unis et par leurs alliés sont nécessairement des victimes. Des victimes de l’impérialisme américain et du capitalisme. Comme ces pays sont souvent des pays en voie de développement, la Chine y ajoute une autre dimension : la solidarité nécessaire entre les pays en voie de développement. 

Bien entendu, l’idée que la première économie du monde soit toujours un pays en voie de développement est délirante à sa face même. Mais le gouvernement chinois aime conserver cette étiquette pour continuer à profiter des nombreux passe-droits dont jouissent les pays en voie de développement dans des organisations internationales comme l’Organisation mondiale du commerce.

L’amie des ennemies

La Chine a notamment conclu une alliance avec la Corée du Nord et son leader, Kim Jong-Un, photographié ici le 23 mars dernier, lors d’une cérémonie pour lancer la construction de 10 000 logements à Pyongyang.
Photo d'archives, AFP
La Chine a notamment conclu une alliance avec la Corée du Nord et son leader, Kim Jong-Un, photographié ici le 23 mars dernier, lors d’une cérémonie pour lancer la construction de 10 000 logements à Pyongyang.

En réalité, l’explication est plus simple. La Chine applique un vieux dicton : les ennemis de mes ennemis sont mes amis.

C’est ainsi que le mois dernier, la Chine et l’Iran ont signé un grand accord commercial stratégique. Il est facile de comprendre que la Chine va aider l’Iran à contourner les sanctions américaines et elle se fera payer en gaz et en pétrole iranien. La Chine gagne beaucoup à ce marché. Elle étend son influence en plein cœur de l’Asie et elle diversifie son approvisionnement en hydrocarbure. 

L’accord consolide la formation d’un bloc chinois. Jusqu’à présent, la Chine avait respecté l’embargo contre l’Iran et elle avait considérablement réduit son commerce avec ce pays. Ce ne sera probablement plus le cas. En plus, la Chine pourrait protéger l’Iran pendant qu’il développe son arsenal nucléaire. Du déjà-vu.

La Corée du Nord aussi

Une alliance semblable unit en effet la Chine et la Corée du Nord, bien que le gouvernement chinois ait toujours laissé entendre qu’il ne pouvait pas influencer les Nord-Coréens. Sauf que les visites fréquentes de Kim Jong-Un à Xi Jinping laissent croire le contraire. 

De toute manière, avec les moyens dont elle dispose, la Chine aurait facilement pu imposer un véritable embargo contre la Corée du Nord, ce qu’elle n’a pas fait.

La filière vénézuélienne

La Chine est aussi très proche du gouvernement vénézuélien. Cependant, les affaires de la Chine sont peu florissantes au pays de Maduro.

C’est que le pays est à ce point dysfonctionnel et corrompu que la Chine parvient mal à se faire rembourser le prêt de 20 milliards de dollars qu’elle lui a accordé. Les ventes de pétrole vénézuélien à la Chine tournent au ralenti. Mais la Chine profite de l’argent qui lui est dû pour entrer dans d’autres secteurs, comme l’agriculture et les pêcheries. 

En contrepartie, l’alliance entre le Venezuela et la Chine est suivie de près par d’autres pays latino-américains qui cherchent à se défaire de l’influence des États-Unis.

Bref, Pékin s’offre de plus en plus comme une solution de rechange à Washington.

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