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Élections municipales: Projet Montréal prêt à désarmer une partie de la police

La mairesse de Montréal, Valérie Plante
Photo Agence QMI, Joël Lemay La mairesse de Montréal, Valérie Plante

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Projet Montréal compte mettre de l'avant plusieurs projets pour réformer la police de la métropole, y compris la possibilité de désarmer certains policiers, ont décidé les militants du parti réunis en congrès dimanche, en vue de la prochaine campagne électorale.

Après des discussions tenues à l'abri des regards, les militants du parti de la mairesse Valérie Plante ont adopté diverses propositions qui changeraient le visage du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). 

  • Écoutez l'entrevue de Valérie Plante avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:  

Notamment, Projet Montréal compte «revoir la nécessité que tous les agents du corps policier portent une arme à feu». Une autre proposition adoptée touche au financement du SPVM, qui serait revu afin de favoriser d’autres types de services de proximité.

«C’est complexe, et il y a beaucoup d’enjeux reliés à ça, mais le définancement n’est pas sur la table. Ce qui était clair, pour les membres, c’est qu’il faut réfléchir aux meilleurs outils selon la situation», a tempéré Mme Plante à l’issue du congrès.

Elle a également indiqué que son administration collaborerait avec le SPVM à propos de ces enjeux. «Ce n’est pas demain matin qu’on va désarmer les policiers. Le projet-pilote, on le trouve intéressant, mais il faut prendre le temps de le faire correctement», a-t-elle souligné, se disant également préoccupée par la montée des violences impliquant des armes.  

  •  Écoutez l’entrevue d’Alain Babineau, agent retraité de la GRC et consultant en matière de profilage racial et sécurité publique

Critiques

Ces propositions ont été adoptées lors de débats à huis clos, nécessaires selon certains membres afin de «créer un espace de discussion sécuritaire». Cette décision a cependant courroucé bon nombre des quelque 300 militants réunis pour le congrès, le huis clos ayant été adopté par seulement 56% d'entre eux.

«Nous n’avons rien à cacher à Projet Montréal. Ce n’est pas notre façon de faire de la politique», s’était désolé Alex Norris, conseiller de ville pour Le Plateau-Mont-Royal, pendant les débats sur la demande, en fin de journée samedi.

À l’opposition officielle d’Ensemble Montréal, on s’inquiète de l’adoption de ces propositions en rappelant le grand nombre de fusillades récemment survenues dans la métropole.

«Nous avons affaire avec un parti qui préfère suivre une idéologie très radicale plutôt que d’œuvrer à la sécurité et à la quiétude des Montréalais», a dénoncé Abdelhaq Sari, conseiller de ville à Montréal-Nord.

Il propose plutôt d’autres options, telles qu’un meilleur encadrement des techniques policières et la création d’équipes mixtes.

«Les policiers doivent être adéquatement équipés afin de faire face à la criminalité. C’est une proposition irresponsable et totalement déconnectée de la réalité des Montréalais, qu’on rencontre à chaque coin de rue, et qui craignent pour leur sécurité», a-t-il ajouté.

500 jours

Par ailleurs, la mairesse estime que son parti n’aurait besoin que de 500 jours pour remettre Montréal sur pied.

«Le décompte commence aujourd’hui! 500 jours, c’est le temps [dont ]une administration de Projet Montréal a besoin pour redonner à la métropole son erre d’aller, et faire en sorte que Montréal renoue avec la croissance d’avant, mais dans l’économie d’aujourd’hui», a insisté Mme Plante en clôture du congrès de son parti.

Elle estime que le délai sera suffisant, autant pour relancer l’économie de la ville et sa vie culturelle que pour la transformer durablement avec des projets de transports en commun, d’habitations et de verdure, notamment.

«Quand j’envisage la prochaine élection, ce n’est pas sous l’angle d’une simple réélection que je le fais. Nous repartons à neuf, avec l’ambition et les moyens de voir très grand pour notre ville», a-t-elle ajouté.

Les membres de Projet Montréal étaient réunis de façon virtuelle, afin de poser les bases du programme électoral du parti, à l’approche des prochaines élections municipales.

Au total, les membres ont adopté 27 propositions sur une panoplie de sujets, dont le développement du transport en commun, le verdissement de la ville ou l’idée de la rendre plus accessible.

«Deux [options] que je trouve intéressantes, c’est l’importance d’adapter le centre-ville à la réalité post-pandémique, qui s’inscrit complètement dans l’air du temps. L’importance aussi de verdir les artères commerciales locales, qui donne une expérience plus intéressante», a mentionné Mme Plante à l’issue du congrès.

Elle soulignait aussi la proposition de défendre le caractère francophone de la métropole, rappelant à cet effet le plan récemment adopté par son administration.

Les élections municipales auront lieu le 7 novembre prochain.