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Justin Trudeau et son gourou

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Photo d'archives, AFP Mark Carney en conférence de presse, en 2016 à Londres, alors qu’il était gouverneur de la Banque d’Angleterre.

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L’un est charismatique, l’autre est cérébral. L’un affronte la COVID depuis un an, l’autre a surmonté la crise financière de 2008, le Brexit, et a jeté les bases de la réponse à la pandémie en Grande-Bretagne. 

L’un doit défendre les dépenses astronomiques de son gouvernement, l’autre a la crédibilité pour articuler une sortie de crise. 

Un mariage de rêve pour Justin Trudeau.

C’est donc avec l’aura d’un oracle que Mark Carney a fait le saut dans l’arène politique lors du congrès du PLC.

Car l’ancien gouverneur de la Banque du Canada ET de la Banque d’Angleterre agite les libéraux depuis longtemps... Saviez-vous que Mark Carney est aussi envoyé spécial des Nations Unies pour le financement de l’action climatique ? Pas surprenant que plusieurs le voient déjà comme leur prochain chef.

Un banquier de gauche ?

Il est un rare banquier qui dénonce les excès des marchés financiers, plaide pour la transition écologique et s’inquiète du coût humain du virage technologique planétaire.

Inquiet de l’ampleur du déficit ? « On définit les choix budgétaires selon le niveau de dette, alors qu’ils devraient reposer sur le niveau de vie des gens. »

Inquiet du coût du virage climatique ? « Une reprise durable n’est pas un slogan, c’est ce que mérite la prochaine génération et ce dont nous avons besoin maintenant. »

C’est ainsi que celui que tous attendaient a offert sa bénédiction à ce gouvernement sur le point de prendre de gros risques avec les finances publiques pour accomplir de grandes réformes. 

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

« Là pour les Canadiens »

Il faut croire que les libéraux n’en demandaient pas plus.

Car en clôture de congrès, on ne peut pas dire que Justin Trudeau en a mis plein la vue. 

Il a vanté ses dépenses pendant la pandémie, accusé les conservateurs d’être déconnectés, le Bloc québécois de diviser. Ah oui, il a promis un Canada meilleur !

Or, pourquoi gaspiller des munitions quand l’un des banquiers les plus influents dans le monde vient de proclamer que votre vision est la bonne ? N’était-ce pas là LE message de ce congrès libéral ?

N’empêche, LA question que tous se posent demeure sans réponse.

Mark Carney sera-t-il candidat ?  

« Je ferai ce qu’il faut pour supporter le Parti libéral sur la route vers notre progrès. »

Il a raison d’y penser par deux fois. 

Une carrière brillante, une renommée internationale ne sont pas toujours gage de succès en politique. Les tristes chutes de Bill Morneau et de Michael Ignatieff en font foi.