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Nomadland, de Chloé Zhao, remporte le prix phare des réalisateurs d’Hollywood

NOMADLAND
Photo courtoisie

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Le film Nomadland, de Chloé Zhao, a remporté samedi le prestigieux Prix du meilleur long métrage, décerné par la Guilde des réalisateurs d'Amérique (DGA), dernière grande cérémonie avant les Oscars, dans une saison des prix essentiellement virtuelle et retardée par la pandémie.

La réalisatrice a consacré son discours de victoire à l’éloge de ses collègues nommés, qui doivent maintenant se demander comment rattraper son road movie, adulé par la critique et déjà récompensé par de nombreux prix, avant la cérémonie des Oscars le 25 avril. 

«Je tiens à vous remercier de m’avoir tant appris et de m’avoir soutenue. Vous avez rendu ce voyage tellement plus spécial», a déclaré à ses rivaux, par vidéoconférence, la réalisatrice de 39 ans, connue auparavant pour son film The Rider

Jusqu’à présent, seule une femme a remporté le trophée du meilleur long métrage: Kathryn Bigelow, pour Démineurs, qui avait transformé l’essai aux Oscars en 2009.

Étaient également nommés, dans la catégorie reine, les réalisateurs David Fincher (Mank), Emerald Fennell (Promising Young Woman) et Lee Isaac Chung (Minari), qui sera également en lice pour l’Oscar du meilleur réalisateur. 

Les prix de la DGA sont considérés comme un bon indicateur des chances d’un film de décrocher l’Oscar du meilleur réalisateur.

Chloé Zhao est vue comme la grande favorite. Si, l’an dernier, la DGA a préféré Sam Mendes (1917) à Bong Joon-ho (Parasite), elle a correctement prédit le vainqueur les six années précédentes. 

Nomadland, un drame semi-fictionnel, suit une communauté d’Américains âgés vivant dans des camionnettes, laissés pour compte de la Grande Récession, qui se forgent une nouvelle vie éphémère dans l’Ouest américain. 

Mme Zhao, originaire de Pékin, a déclaré qu’elle espérait, à travers son film, que les spectateurs pourraient «faire l’expérience de la vie de personnes qu’ils peuvent considérer comme l’autre, et ainsi se sentir un peu moins seuls». 

«Solitude très intense»

Elle a décrit la mise en scène comme un exutoire et un remède à sa propre expérience de «solitude très intense». 

Le Prix de la meilleure réalisation a été décerné à Darius Marder pour son film Sound of Metal, lequel suit un batteur de heavy métal qui devient sourd — film qui est par ailleurs nommé aux Oscars dans la catégorie du meilleur film.

Le réalisateur a remercié la communauté des sourds de «nous avoir invités à entrer, à partager votre culture, avec nous, avec le film, avec l’écran». 

Le Prix du meilleur documentaire a été attribué à The Truffle Hunters, qui suit un groupe de personnes âgées italiennes et leurs chiens fidèles dans leur tradition séculaire de recherche de délices culinaires dans la forêt.

La dernière saison de la série télévisée Homeland a remporté le Prix de la meilleure série dramatique. 

Signe que les temps changent, la réalisatrice Lesli Linka Glatter s’est connectée à la cérémonie depuis une fête bien réelle avec «toute mon équipe de réalisateurs complètement vaccinés». 

The Flight Attendant a remporté le prix de la meilleure série comique, tandis que Le Jeu de la dame a poursuivi son balayage de la saison des prix dans la catégorie des séries limitées. 

Bien que moins importants que les Golden Globes et les Screen Actors Guild Awards (SAG Awards), les DGA ont une durée de vie plus longue et leurs 18 000 votants, parmi lesquels on retrouve les meilleurs réalisateurs du secteur, offrent une reconnaissance prestigieuse. 

Le président de l’association, Thomas Schlamme, a ouvert la cérémonie virtuelle de remise des prix depuis le théâtre ultramoderne de la Guilde à Hollywood. Il a lui-même remporté un prix pour un épisode spécial de la série À la Maison-Blanche (The West Wing), destiné à stimuler la participation aux élections américaines.