/sports/golf
Navigation

Tournoi des Maîtres: trop peu trop tard pour Xander Schauffele

L’Américain trébuche en ronde finale du Masters au Augusta National

GLF-MAJ-SPO-UMG-THE-MASTERS---FINAL-ROUND
Photo AFP Xander Schauffele s’est empressé de féliciter le Japonais Hideki Matsuyama, vainqueur du Tournoi des Maîtres qui a pris fin dimanche à Augusta.

Coup d'oeil sur cet article

AUGUSTA | Xander Schauffele disait avoir appris de ses erreurs du passé en championnat du Grand Chelem. Spécialement de celles commises lors du Tournoi des Maîtres 2019. Un désastreux départ et une gaffe monumentale au pire moment sur le retour lui ont coûté un veston vert.

• À lire aussi: Victoire digne d’un empereur à Augusta

• À lire aussi: Tournoi des Maîtres: progrès majeur sur les verts

L’Américain de 27 ans reluquait un premier titre majeur en carrière en enchaînant les bonnes prestations en pareilles situations. Il a choisi une bien mauvaise journée pour partir du mauvais pied. 

En retard de quatre coups sur Hideki Matsuyama à l’aube de la ronde finale, Schauffele n’avait d’autre choix que de montrer les dents dès ses premiers élans. Il s’est plutôt enfargé sur trois trous consécutifs à l’aller. Avec ses deux bogueys et son double boguey, il s’est tiré dans le pied. 

« J’ai fait une erreur au troisième fanion en n’écoutant pas le conseil de mon cadet. Il faut respecter l’Augusta National en tout temps. Je ne l’ai pas fait en début de ronde, a expliqué celui qui a finalement signé un pointage de 72. Je suis tombé dans une mauvaise séquence, mais je ne me suis jamais senti inconfortable en commettant des erreurs mentales. »

Il faut souligner sa combativité alors qu’il a répliqué avec deux oiselets avant de passer aux choses sérieuses sur le retour. 

Suspense au 15e

Pendant que le Japonais surfait vers la victoire, il a aligné quatre oiselets, en démarrant au cœur du Amen Corner au 12e, afin de resserrer l’écart. 

C’est d’ailleurs à ce 15e, cette normale 5 de 530 verges surnommée Firethorn, que le mot suspense a pris tout son sens. Matsuyama a envoyé à la flotte son deuxième coup beaucoup trop long. Pendant qu’il a réussi à limiter les dégâts avec un boguey, Schauffele a réduit son retard à deux petits coups. 

L’instant d’à peine cinq minutes. Car dès la normale 3 du 16e, il a frappé à son tour son projectile à l’eau sur un coup de fer 8 trop court. Une terrible erreur qu’il a expliquée par le changement de direction du vent. Celle-ci a permis au Japonais de pousser un soupir de soulagement et d’aller enfiler son veston vert.

Schauffele a enregistré son premier triple boguey en tournoi du Grand Chelem au pire moment. Pour les férus de statistiques, il s’agissait d’une première en 1042 trous ! 

La défaite fait évidemment très mal. L’homme aux quatre victoires professionnelles sur le circuit de la PGA se retroussera toutefois les manches. 

« Je ne lâcherai pas. Je le veux, ce titre majeur. Cette défaite pince. C’est une autre leçon à mettre dans mon bagage après celle de 2019. J’avais alors savouré trop vite un moment de gloire soudain en menant le Masters. Cette fois, j’étais à la chasse. J’ai mieux joué qu’en 2019. En fin de compte, ça se résume entre autres à une gaffe dans la sélection d’un bâton avec la direction du vent. »

Il a finalement terminé au troisième échelon à -7 en compagnie de Jordan Spieth.

Zalatoris solide de A à Z

Pour un jeune golfeur de 24 ans participant à son premier Tournoi des Maîtres, l’une des nouvelles étoiles montantes du circuit de la PGA, Will Zalatoris, a franchement impressionné à Augusta. 

Le frêle Californien pesant 165 livres (certainement mouillé et en chaussant ses bottes d’hiver) a aligné quatre rondes sous la normale pour s’installer seul au second rang à -9. 

Il s’agit donc d’un second top 10 en trois présences dans un championnat majeur. En septembre, il avait pris le 6e rang de l’Omnium américain sur l’intimidant et long parcours de Winged Foot. 

Le tenant du 46e rang mondial, produit de l’Université Wake Forest, a ébloui la galerie par sa solidité et ses nerfs d’acier. Si bien qu’en début de ronde, il a menacé Matsuyama en s’approchant à un seul petit coup. Un court passage à vide en amorçant le retour l’a empêché de créer la surprise. 

Seuls trois golfeurs ont réussi cet exploit dans l’histoire depuis 1934 : Horton Smith lors de l’édition inaugurale, Gene Sarazen en 1935 et Fuzzy Zoeller en 1979. 

« C’est un véritable rêve, a vite affirmé l’auteur d’une carte finale de 70 (-2). J’ai toujours rêvé de me placer dans une situation comme aujourd’hui. J’en rêve depuis 20 ans. Je crois avoir accompli un excellent boulot cette semaine en savourant chaque moment. Je n’ai pas laissé ce tournoi et mes performances me monter à la tête. » 

« C’était aussi un véritable régal, a poursuivi celui qui a mené le classement général du circuit Korn Ferry, l’antichambre de la PGA, en 2020. 

« En arrivant à court d’un coup sur le champion, je pourrais être déçu, mais ce n’est pas le cas. Je suis motivé et excité pour la suite. »

Ce jeune homme qui ne craint rien sera à surveiller lors du Championnat de la PGA d’Amérique dans un mois, à Kiawah Island. 

En direct d’Augusta      

  • Après sa ronde finale de 69 (-3), notamment en raison de quatre oiselets de suite du 13e au 16e fanion, Paul Casey a résumé les conditions et la configuration du parcours. « C’est l’une des meilleures configurations que j’ai vues ici depuis plusieurs années, a salué l’Anglais de 43 ans qui participait à un 15e Masters. Il y avait quelques positions de drapeaux classiques, d’autres moins faciles. Mais il fallait frapper des coups fantastiques qui étaient récompensés. La fermeté et la rapidité des verts restent les mêmes du début à la fin. Je n’ai jamais vu des verts aussi constants. »   
  • La meilleure carte en ronde finale est l’œuvre du nouveau papa Jon Rahm. Avec son 66 (-6), il a fait un énorme bond de 18 échelons au tableau en terminant au 5e rang. « Tout le monde a vu mes réactions, parce que le vent m’a aidé », a exprimé l’Espagnol qui a enregistré un 4e top 10 de suite à Augusta. Il est rentré à la maison afin de prendre soin de son petit garçon Kepa.     
  • Il faisait bon de se promener sur l’Augusta National dimanche alors que les « patrons » souriaient à pleines dents avec le spectacle se déroulant sous leurs yeux, contents d’être présents pour un évènement unique. Avec l’édition 2020 qui avait été disputée à huis clos, les réactions des spectateurs ont permis de retrouver un semblant de normalité. Même s’il est tout aussi parfait et grandiose, ce parcours n’est pas le même sans leur présence.    
  • Comme l’exige le gouvernement canadien pour le retour au pays, j’ai effectué mon test de dépistage de la COVID dimanche matin à l’Université d’Augusta. Ce fut, de loin, la pire expérience de dépistage depuis 14 mois. Au diable la délicatesse comme l’avait fait la gentille infirmière du Laboratoire Biron avant de quitter le 29 mars. Ce dernier test n’était pas uniquement un grattage de cerveau en règle, je crois qu’elle souhaitait aussi prendre une température rectale ! C’est le moment de rentrer à Montréal en grugeant à nouveau 1800 km afin de retrouver mon petit bonhomme et ma douce moitié. Cette fois, ce sera par l’autoroute 81. Ce fut deux superbes semaines dans la mecque du golf à Augusta en ajoutant un détour par le paradis à Hilton Head afin de rencontrer le « Sénateur » Serge Savard à Colleton River, un vaccin et une carte-cadeau. Méchant road trip ! Maintenant, la quarantaine !   
  • Le prochain Tournoi des Maîtres sera disputé du 4 au 10 avril 2022. Entre-temps, le prochain tournoi majeur, le Championnat de la PGA d’Amérique, sera disputé du 20 au 23 mai sur l’Ocean Course de Kiawah Island, en Caroline du Sud.