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Couvre-feu: la goutte de trop?

Parc Laurier
Photo Nora T. Lamontagne

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J’ai un ami d’une vingtaine d’années qui se prénomme Alex.

Un gars super responsable.

Brillant, une tête sur les épaules. 

Bref, le gendre idéal. 

COMPLÈTEMENT DÉCOURAGÉ

Depuis le début de la pandémie, Alex respecte scrupuleusement les règles. 

Certaines le font suer, bien sûr, mais ça ne fait rien, il les suit quand même à la lettre, car il sait que la situation est sérieuse. 

Le masque, le lavage des mains, la distanciation, tout le kit.

Il comprend et appuie la fermeture des restos, des bars, même des gyms, ne perd jamais une occasion de ridiculiser les complotistes antivaccins et est toujours prêt à défendre les positions du gouvernement quand quelqu’un les critique. 

Bref, un citoyen modèle comme monsieur Legault et le Dr Arruda les aiment. 

Mais quand il a appris que le gouvernement remettait le couvre-feu à 20 h à Montréal et Laval, Alex a craqué.

Pour lui, c’était la goutte de trop. 

« Je fais toujours attention quand je vois mes amis dans les parcs, on se tient loin les uns des autres, on porte le masque même si on est à l’extérieur... Mais là... Maudit ! Je vais devoir rentrer à 20 h chez moi pour jouer aux jeux vidéo toute la soirée ? Vraiment ? »

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

LA COURBE DE LAFFER

J’écoutais Alex parler et je me disais : « Oh-ho... Si même un gars comme Alex commence à en avoir ras le pompon, le gouvernement a un sacré problème sur les bras. »

Parfois, trop, c’est comme pas assez. 

C’est comme la courbe de Laffer en économie.

« Trop d’impôt tue l’impôt. »

Passé un certain pourcentage d’impôt perçu, les recettes de l’État n’augmentent pas, elles diminuent, car les gens se disent : « Pourquoi je travaillerais plus, si c’est pour donner mon argent à l’État ? »

Eh bien, c’est un peu la même chose avec le retour du couvre-feu à 20 h.

Ça risque de faire plus de mal que de bien. 

Je comprends l’idée : on ne vise pas les Alex de ce monde, qui agissent de façon responsable, ou les coureurs qui aiment faire leur jogging le soir, mais les délinquants qui organisent des partys et s’invitent à souper.

On veut limiter les déplacements. 

Mais entre vous et moi : si tu veux vraiment aller souper chez ton ami, tu arrives chez lui à 19 h et tu couches là, non ?

Vous ne pensez pas que c’est ce que font déjà les crinqués ? 

  • Écoutez le commentaire de Richard Martineau sur QUB radio:   

LE PAIN BÉNI

Je vous parle du couvre-feu à Montréal et à Laval, mais des Alex, il y en a partout au Québec.

Il suffit d’une consigne de trop pour que les gens qui jusque-là respectaient les mesures se mettent à décrocher. 

Le gouvernement doit être prudent. Ça fait plus d’un an qu’on se prive, les gens sont écœurés et le printemps s’annonce magnifique.

Un moment donné, faut pas ambitionner sur le pain béni, comme disaient nos grands-parents. 

Surtout que tous les spécialistes le disent : c’est à l’intérieur que le virus est dangereux, pas à l’extérieur. 

Cela dit, la population doit faire son bout de chemin aussi.

Ne pas aller se faire vacciner parce qu’il fait beau ? Vraiment ?

C’est plus important de manger de la crème glacée que de se faire vacciner ?  

  • Écoutez l'entrevue d'Alexandre Moranville au micro de Richard Martineau sur QUB radio: