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Des vitrines resteront barricadées dans le Vieux-Montréal

manifestation 11 avril
Photo Francis Pilon Pierre-Benoit Duhamel, devant la vitrine placardée de son magasin Clusier, dans le Vieux-Montréal, était heureux de retrouver les souliers à 500 $ qu’il s’était fait voler lors de la manifestation de dimanche.

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Des commerçants du Vieux-Montréal veulent conserver leur vitrine placardée au cas où les policiers n’interviendraient pas assez rapidement pour arrêter des casseurs qui pourraient sévir à nouveau. 

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Les perceuses et les réparateurs de fenêtres étaient à l’œuvre lundi pour rafistoler des dizaines de vitrines fracassées, au lendemain d’une violente manifestation contre le couvre-feu. 

« Pour l’instant, on va laisser notre vitrine placardée. On nous dit que d’autres manifs pourraient arriver cette semaine, en plus. Je comprends qu’on peut être fâché, mais rien n’explique l’attaque envers les commerçants », critique le restaurateur Toby Lyle, du Brit & Chips. 

Plusieurs commerces ont été vandalisés.
Photo Francis Pilon
Plusieurs commerces ont été vandalisés.

Constat similaire pour Pierre-Benoit Duhamel, propriétaire du magasin Clusier, situé dans la même rue.

« On m’a volé une paire de chaussures de 500 $. Les policiers l’ont finalement retrouvée dans le sac d’un ado de 16 ans et me l’ont rapportée. Notre vitrine a aussi été brisée. Reste à voir quand on va la réparer », explique M. Duhamel. 

« Vandaliser nos magasins ou restos, en plus qu’on en arrache avec la COVID, c’est pas correct. [...] Mais je me demande où étaient les policiers quand ils nous ont vandalisés ? Est-ce qu’ils regardaient seulement ? » se questionne Peter Morentzos, propriétaire de QDC Burger, dont la vitrine a été fracassée. 

<b>Peter Morentzos</b><br /><i>Restaurateur</i>
Photo Francis Pilon
Peter Morentzos
Restaurateur

Les autorités surprises

« On ne s’attendait pas à ce que cette manifestation déborde de cette façon-là », avoue l’inspecteur David Shane, du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). 

Au moment du rassemblement, dimanche soir, les équipes du SPVM étaient dispersées dans les différents parcs de Montréal pour faire respecter l’entrée en vigueur du nouveau couvre-feu à 20 h. 

Des abribus ont aussi goûté à la médecine des casseurs.
Photo Francis Pilon
Des abribus ont aussi goûté à la médecine des casseurs.

Assez de ressources  

« Rien ne nous indiquait que cette manifestation était organisée par un groupe qui a tendance à faire dégénérer les manifs. Mais on avait suffisamment de ressources policières pour être capable d’en réquisitionner rapidement », explique M. Shane. 

L’inspecteur affirme que d’autres mesures ont été prises pour éviter un nouveau dérapage cette semaine. 

Lundi, un nombre réduit d’opposants au couvre-feu, encadrés par plusieurs dizaines de policiers, a manifesté au centre-ville sans vandaliser le quartier. 

La mairesse fâchée

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a vivement dénoncé lundi le saccage causé par des casseurs dans le Vieux-Port. 

« C’est pas très glorieux les images qu’on a vues. Je n’étais pas impressionnée et pas mal fâchée », a commenté Mme Plante à QUB radio. 

« Le grabuge observé dans le Vieux-Montréal lundi soir est absolument inacceptable. La fatigue liée à notre lutte contre la COVID-19 ne justifie en rien la destruction de biens publics et le non-respect des règles », a-t-elle écrit sur Twitter.  

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