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Forcée de faire ses besoins dans une couche

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Une résidente est forcée de faire ses besoins dans une culotte d'incontinence au CHSLD Saint-Maurice à Shawinigan, ce qui a fait réagir plusieurs personnes du milieu, qui considèrent ce cas comme de la maltraitance.

Denise Milot, qui souffre de troubles cognitifs, a bien entendu refusé et demandé à pouvoir utiliser la salle de bain. Son fils assiste impuissant à ce scénario chaque semaine. En entrevue avec TVA Nouvelles, Yves Thibodeau a confié qu’il voit sa mère pleurer et s’agiter.

«On voit qu'elle souffre beaucoup lorsqu'elle se retient. Ça m'attriste de la voir comme ça, parce qu'elle ne mérite pas ça», a-t-il expliqué.

Le Centre d'hébergement de soins de longue durée lui interdit de déplacer sa mère sur la chaise-bassine. Il y a un mois, il avait l'habitude de le faire avec l'aide d'un préposé. La direction lui aurait envoyé une mise en demeure. On aurait mentionné que c'était une question de sécurité et que la résidente n'était plus apte à se lever.

Pour M. Thibodeau, la situation est inacceptable. Il s'agit d'une atteinte à la dignité de sa mère. «Ils ont des équipements pour la lever et pour la coucher dans son lit. Je ne comprends absolument pas pourquoi ils ne se servent pas de cet équipement pour l'amener à la salle de bain ou sur la chaise-bassine», a-t-il poursuivi.

Pour l’avocat et analyste judiciaire Me François-David Bernier, il s'agit clairement d'un cas de maltraitance.

«C’est de la maltraitance! Dans le doute à savoir si la personne a conscience qu'elle doit faire ses besoins dans sa culotte d'incontinence, on devrait lui donner le service. Lui permettre de pouvoir se rendre à la toilette. Ce qui n'est pas fait dans ce dossier-là. C'est dommageable. C'est important de dénoncer ces comportements-là», a commenté Me Bernier.

La directrice de Table Action Abus Aîné Mauricie, Colette Coudé, a aussi visionné la vidéo. «Qui peut s'imaginer que sa mère pourrait terminer ses jours de cette façon-là? Ça me dépasse. Je ne comprends pas. Je ne peux pas concevoir qu'il n'y ait pas de solutions à ça! Je ne peux pas!» a-t-elle déclaré.

Denise Milot a été réévaluée pour une troisième fois cette semaine. La famille a entrepris des démarches auprès d'un avocat pour faire valoir ses droits.

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec a affirmé que son objectif est de maintenir les acquis et l'autonomie des résidents le plus longtemps possible, mais qu'il doit tenir compte du risque de blessure.

Dans ce cas-ci, trois conditions doivent être remplies pour l'utilisation d'une chaise-bassine, soit: avoir les capacités physiques nécessaires, être en mesure de comprendre les consignes et collaborer.