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La France se rapproche de Marine Le Pen

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Photo AFP La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen.

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Plusieurs Français commencent à ressentir des sueurs froides. Les prochaines élections présidentielles se tiendront en 2022. Qui s’affrontera au deuxième tour ? Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Pourquoi des sueurs froides ? Parce que cette fois, Marine Le Pen pourrait devenir présidente. Marine Le Pen, la candidate anti-européenne et anti-immigration.

Au premier coup d’œil les chiffres d’un récent sondage Ifop-Fiducial sur les intentions de vote n’ont rien de surprenant. Macron remporterait le second tour avec 54 % des voix et Le Pen arriverait deuxième avec 46 %. 

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Sauf qu’aux dernières élections, Macron avait obtenu 66 % des votes et Le Pen 33 %. On mesure ici la montée de la popularité de Le Pen. 

Mais les mauvaises nouvelles ne s’arrêtent pas là pour Macron. En fait, il est le pire candidat des partis de droite pour affronter Le Pen. Xavier Bertrand, de l’UMP, la battrait avec 59 % des voix et Valérie Pécresse, présidente de Soyons Libres, récolterait 55 % du vote. Ces intentions de vote pourraient bousculer les choix des électeurs de droite au premier tour et les inciter à ne pas voter pour Macron.

Les nouvelles sont encore plus mauvaises pour la gauche. Au second tour, contre Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ne récolterait que 40 % des voix. Les verts pourraient compter sur 47 % du vote. La socialiste Anne Hidalgo obtiendrait 50 %.

Ces résultats ne doivent pas surprendre.

Résultats explicables

La pandémie et sa gestion hésitante ont mal fait paraître Macron. Le problème de l’immigration et des ghettos islamistes s’est amplifié, en dépit du durcissement politique de Macron sur ces enjeux.

Les ratés de la mondialisation dans la distribution des vaccins et des équipements médicaux ont accéléré un courant de régionalisation des chaînes d’approvisionnement. Cette régionalisation entre dans la logique de Le Pen de défense de l’économie nationale. 

La gangrène woke

Mais surtout, la gauche française est gangrénée par la maladie du wokisme. Par exemple, lorsque le second syndicat étudiant, l’Unef, propose la tenue de « réunions racialement non mixtes », plusieurs candidats de gauche applaudissent. Mélenchon déclare que « des gens discriminés pour des raisons de race ont besoin de se retrouver ». Julien Bayou, le Secrétaire national d’Europe écologie les verts, trouve pareilles réunions « utiles et nécessaires ».

Tous à gauche ne sont pas aussi racistes. Par exemple Hidalgo pense que ces pratiques sont « très dangereuses » et anti-républicaines.

Face à ces errements, la droite a beau jeu. Le Pen lance que l’Unef « commet des actes racistes ». De son côté, Xavier Bertrand laisse entendre que l’Unef devrait perdre son financement public.  

En d’autres termes, par la force des événements, la France de droite se rapproche du programme de Le Pen, tandis qu’une partie de la gauche succombe à un nouvel impérialisme culturel américain, impérialisme que la population française rejette en majorité.