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Natation artistique: la suspension des deux entraîneuses est levée

La demande d’action collective des cinq anciennes nageuses suit son cours

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Photo d’archives, AFP Le cabinet d’avocats qui représente les cinq nageuses affirme que plus de 50 filles actuelles et anciennes de l’équipe nationale l’ont contacté et croit que ce nombre va augmenter si la demande d’action collective est retenue.

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Le refus des cinq anciennes nageuses de l’équipe nationale de natation artistique de témoigner comme plaignantes dans l’enquête indépendante de l’officiel du sport sécuritaire ne remet aucunement en question la demande d’action collective déposée le 8 mars dernier.

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En raison du refus des nageuses de témoigner, Natation artistique Canada (NAC) a levé, lundi, les suspensions provisoires à l’endroit des anciennes entraîneuses Meng Chen et Leslie Sproule, qui sont visées dans la demande d’action collective, tout comme Julie Sauvé, qui est décédée, et l’entraîneur actuel, Gabor Szauder.

« Nos clientes ont refusé de participer à l’enquête interne de NAC parce que leurs plaintes ne sont pas dirigées contre les entraîneuses en particulier, mais sur l’échec de l’institution à protéger les athlètes d’abus psychologiques, de négligence et de harcèlement », écrit le cabinet montréalais qui représente les nageuses, dans une déclaration envoyée par courriel.

« Comme cela a été détaillé dans notre procédure, le Natation artistique Canada était parfaitement au courant des plaintes des athlètes concernant leur traitement lorsqu’elles étaient sous la supervision de Leslie Sproule et de Meng Chen et, à l’époque, pourtant, le NAC n’a pris aucune action ou mesure significatives pour y remédier. En fin de compte, la décision de NAC de suspendre temporairement la participation de deux personnes alors que ces dernières n’étaient plus avec l’équipe nationale n’a jamais été considérée comme une réponse acceptable aux faits exposés dans la procédure. »

Boisvert d’accord

Au nombre des cinq anciennes nageuses qui souhaitent intenter un recours collectif contre NAC, Gabrielle Boisvert est parfaitement d’accord avec la décision de ne pas témoigner dans l’enquête interne. 

« Notre demande d’action collective est d’aller plus haut que les entraîneuses, a-t-elle expliqué. Il y aura toujours des bons et des mauvais entraîneurs et on ne sera pas plus avancé si NAC favorise toujours les entraîneurs abusifs. Ce sont deux affaires complètement différentes et notre demande d’action collective n’est pas remise en question. »

La décision de NAC de garder en poste Szauder après avoir pris connaissance des allégations de nageuses actuelles laisse perplexe le cabinet d’avocats. L’entraîneur croate est finalement parti à la fin mars à la faveur d’un congé personnel. L’enquête est terminée et le comité de discipline doit rendre son verdict à un moment qui reste à déterminer.

« NAC a laissé en fonction l’entraîneur actuel [Gabor Szauder] sans même avoir prononcé, à son encontre, une suspension provisoire. Nos clientes estiment que l’incapacité de NAC à répondre de manière appropriée au litige démontre une fois de plus que NAC n’est pas enclin à faire les changements tant au niveau institutionnel qu’au niveau de la gestion, pourtant nécessaire pour assurer la protection de ses athlètes contre les effets à long terme que peuvent avoir les abus psychologiques, la négligence et le harcèlement. »