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Dépistage de la COVID-19: des pertes de 8,75 M$ pour Québec et zéro test rapide livré

Spartan Bioscience se place à l’abri de ses créanciers

L’ex-chef des affaires médicales de Spartan Bioscience, Paul Lem, présente l’appareil de test rapide pour la COVID-19 qui a été vendu aux gouvernements du Québec.
Photo courtoisie L’ex-chef des affaires médicales de Spartan Bioscience, Paul Lem, présente l’appareil de test rapide pour la COVID-19 qui a été vendu aux gouvernements du Québec.

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Le gouvernement du Québec pourrait perdre jusqu’à 8,75 M$ dans le cadre de la restructuration de Spartan Bioscience, une entreprise d’Ottawa spécialisée dans les tests de dépistage de la COVID-19.

Le 5 avril, Spartan Bioscience s’est placée sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité avec l’intention de faire une proposition à ses créanciers. Les dettes de l’entreprise s’élèvent à près de 73 millions de dollars.

En avril 2020, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) avait commandé à cette compagnie 200 000 trousses de test et 100 appareils pour les analyser. 

Le contrat du gouvernement Legault s’élevait à 16 millions de dollars. L’Alberta, le Manitoba ainsi que l’Ontario avaient également passé des commandes.

Les semaines suivantes, Santé Canada suspendait l’utilisation des tests de Spartan Bioscience en raison de doutes sur leur efficacité. 

Une porte-parole au MSSS assurait alors, dans un article du Journal, que le gouvernement allait être remboursé si ces tests s’avéraient inutilisables. 

Québec dit avoir retiré le contrat à Spartan Bioscience en mai 2020. 

« En décembre 2020, le MSSS a débuté les démarches pour faire annuler le contrat conclu en avril avec la compagnie Spartan, car la compagnie n’a pu garantir la réalisation des correctifs requis pour résoudre les problèmes de performance et de sécurité », répond dans un courriel le ministère. 

« À ce jour, aucun test ni appareil n’ont été reçus au Québec », ajoute-t-on.

Plus de 150 créanciers

Dans des documents du syndic Ernst & Young (EY), qui a été mandaté pour réaliser cette restructuration, on peut lire que Spartan Bioscience a des dettes envers plus de 150 entreprises ou agences gouvernementales.

Du lot, on retrouve le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec-Université Laval (8,75 millions de dollars), la Banque de développement du Canada (8,84 millions de dollars), les Services de santé de l’Alberta (1,68 million de dollars), l’Agence de la santé publique du Canada (16,6 millions de dollars) ainsi que l’Agence ontarienne de protection et de promotion de la santé (9,8 millions de dollars).

En janvier dernier, Santé Canada a finalement approuvé le test de dépistage rapide de la COVID-19 de Spartan Bioscience, qui fournit un résultat en moins d’une heure. 

Hier, il n’a pas été possible de joindre la direction.

Ces derniers jours, la PDG par intérim, Jennifer Ross-Carrière, a mentionné à plusieurs médias avoir suspendu les envois de ses tests rapides après avoir découvert un problème avec la technologie. Environ 60 personnes ont été licenciées temporairement.

Hier, le CHU de Québec-Université Laval a préféré ne pas commenter ce dossier, nous renvoyant vers le ministère de la Santé et des Services sociaux. Les démarches juridiques de Québec se poursuivent pour l’annulation du contrat signé au tout début de la pandémie.

– Avec la collaboration de Philippe Langlois