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Une mine de lithium québécoise est convoitée de toutes parts

Adrien Pouliot, le chef du parti conservateur du Québec, serait parmi les intéressés

[SLUG] Québec lithium
Photo courtoisie Sous la protection des tribunaux depuis mai 2019, North American Lithium, de La Corne en Abitibi, devrait connaître son nouvel actionnaire de contrôle dans les prochaines semaines.

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Pas moins de six groupes, de différentes régions du monde, seraient au nombre des investisseurs intéressés à reprendre les activités de North American Lithium, situées à La Corne en Abitibi. Et dans le lot, étonnamment, figure le nom de l’actuel chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Adrien Pouliot, a appris Le Journal.

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Selon nos informations, l’homme d’affaires – et fils héritier de Jean Pouliot, ancien patron de Télé-Métropole, CFCF et TQS – travaille activement depuis l’automne au dépôt d’une offre visant à mettre la main sur les restes de la mine de lithium, sous la protection des tribunaux depuis 2019. 

Propriété de deux sociétés chinoises, l’entreprise a mis fin à l’exploitation de la mine et à la construction de son usine de carbonate de lithium en mai 2019. Cette décision a laissé Investissement Québec avec un manque à gagner de plus de 100 M$, soit plus de la moitié des dettes figurant au bilan de North American Lithium.

Une opportunité d’affaires

Adrien Pouliot, qui a fait connaître son intention de quitter la chefferie de PCQ en octobre dernier, a refusé de répondre aux questions du Journal

« Je ne sais pas pourquoi vous voulez me parler de cette entreprise, mais si ce n’est pas en rapport avec le PCQ [Parti conservateur du Québec], je n’ai pas de commentaires à formuler », nous a-t-il répondu par courriel.

Plus tard, toujours par courriel, ce dernier a rappelé qu’il avait annoncé vouloir se retirer de la vie politique en raison de son intérêt d’alors pour une « opportunité d’affaires ». 

Ce dernier a toutefois pris soin de ne pas confirmer ou nier son implication dans le rachat de la mine de lithium.

En équipe avec Klein

Selon nos informations, corroborées par deux sources indépendantes, Adrien Pouliot est impliqué dans le dépôt d’une offre déposée mardi dernier, date de clôture du processus d’appel d’offres mené par la firme Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT). 

Cette offre, soutenue financièrement par Mercuria, de Suisse, a été déposée avec l’homme d’affaires new-yorkais Nathaniel Klein. Ce dernier a été brièvement propriétaire de la mine entre 2016 et 2018 avant de la revendre (Québec Lithium, à l’époque) à un consortium formé de Jien International Investment et CATL, un fabricant chinois de batteries au lithium-ion.

Benoit Fontaine, contrôleur au dossier pour le compte de RCGT, n’était pas légalement autorisé à nous confirmer l’identité ou le nombre de groupes intéressés par la reprise de North American Lithium.

Au moins cinq autres

Selon nos informations, outre le duo Pouliot/Klein, cinq autres groupes ont les yeux rivés sur la mine abitibienne. 

Il s’agit de l’australienne Sayona Mining, de l’américaine Evolution Metal Corp, de la chinoise CATL, et de deux autres sociétés québécoises, Central America Nickel et SRG Mining. 

Une décision quant aux repreneurs de l’entreprise devrait être prise sous peu.

–Avec la collaboration de Francis Halin et d’Andrea Valeria, Bureau d’enquête


 Les six aspirants à la reprise des actifs de North American Lithium   

  • Central America Nickel (Québec)  
  • Consortium Adrien Pouliot/Nathaniel Klein (Québec et États-Unis)  
  • Contemporary Amperex Technology Co. Limited – CATL (Chine)  
  • Evolution Metal Corporation (États-Unis)  
  • Sayona Mining (Australie)  
  • SRG Mining (Québec)  

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