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Coupable d’avoir fraudé sa mère souffrant d’Alzheimer

La Lavalloise a réussi à lui subtiliser plus de 200 000 $ en deux ans

Lynda Patricia Morinville
Photo Pierre-Paul Poulin Lynda Patricia Morinville a été reconnue coupable de vol et de fraude de plus de 127 000 $ dans les comptes de sa mère, mercredi après-midi, au palais de justice de Laval.

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Déjà condamnée au civil à rembourser plus de 265 000 $, une orthopédagogue de Laval a été déclarée coupable mercredi d’avoir fraudé et volé sa mère, qui souffrait d’Alzheimer, il y a plus de 10 ans.

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« L’immense majorité des sorties de fonds du compte de Mme Buckley ont été faites au seul bénéfice de l’accusée et sans consentement de sa mère qui n’avait plus la capacité de gérer son argent ou d’autoriser de telles sorties », a statué le juge Marc-André Dagenais.

La Couronne a ainsi pu établir que « 127 000 $ et possiblement plus » ont été dilapidés par Lynda Patricia Morinville, 64 ans. 

Par ailleurs, un jugement civil rendu en février 2018 avait condamné la sexagénaire à rembourser la somme de 268 155 $ à la succession de sa propre mère, Carmen Buckley. De ce montant, 40 000 $ étaient en dommages et intérêts.

Les faits reprochés à Morinville ont duré environ deux ans, à partir de 2010. 

À l’époque, cette dernière avait obtenu une procuration sur les avoirs de l’octogénaire qui était aux prises avec la maladie d’Alzheimer et qui venait d’hériter de son conjoint.

Ironiquement, l’accusée avait dit craindre que sa mère se fasse abuser financièrement.

Carmen Buckley
Photo d'archives, Martin Alarie
Carmen Buckley

Roulotte et camion

Or, Morinville en a plutôt profité pour la dépouiller de faramineuses sommes, en plus de cesser de lui procurer des soins adéquats. Cela coûtait « trop cher », disait-elle. La femme malveillante a d’ailleurs forcé sa pauvre mère à déménager, car elle n’avait « pas les moyens » de se permettre une résidence donnée.

Pendant ce temps, Morinville s’est notamment procuré un camion et une roulotte afin de voyager.

Ce n’est qu’en janvier 2013 que son frère Steven Morinville, inquiet de la situation précaire de leur mère, a remarqué les anomalies. Il venait de reprendre contact avec Mme Buckley, après 20 ans.

Dès lors, l’accusée n’a plus adressé la parole à sa mère jusqu’à son décès, en 2015. Puis, elle a déclaré faillite en avril 2018.

Dans son témoignage, Morinville a évoqué l’amnésie pour justifier qu’elle avait oublié les motifs de certains retraits.

Le juge n’a toutefois pas mordu à l’hameçon, remarquant que lorsqu’il était question de sujets non litigieux, l’enfant indigne était capable de fournir des détails. Il a ajouté qu’elle avait « drainé les comptes pour n’y laisser que le strict minimum », « démontrant tout [son] caractère malhonnête ».

Plus de 8 ans

Le procureur de la Couronne Alexandre Dubois s’est dit « extrêmement satisfait » du verdict, à sa sortie de la salle de cour.

« On est très content, après 8 ans. Ça n’a pas été facile. Il y a eu beaucoup de démarches et d’attente, a souligné le fils de la victime, Steven Morinville, 52 ans. N’hésitez pas à porter plainte et insistez. Si tout le monde le fait, l’épidémie d’abus sur les personnes âgées va s’estomper. »

Lynda Patricia Morinville sera de retour devant le tribunal pour la détermination de sa peine le 27 avril prochain.

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