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Deux ans de prison pour la fraudeuse millionnaire

La juge a refusé à l’accusée qu’elle purge sa peine dans la collectivité

GEN - LISE ST-PIERRE FRAUDEUSE
Photo d'archives, Martin Alarie Lise St-Pierre, en décembre 2019 à la sortie d’un dépanneur de Laval. Elle a écopé mercredi d’une peine de deux ans de pénitencier.

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Une femme de 69 ans qui a volé son employeur pour jouer compulsivement a dû prendre le chemin de la prison mercredi même si elle avait remboursé ses victimes grâce au million qu’elle avait gagné à la loterie.

Se déplaçant difficilement, Lise St-Pierre a été escortée dans le box des accusés par deux constables, sous le regard de ses anciens employeurs qu’elle a floués. 

Étant la seule à avoir accès au livre comptable, elle en avait profité de 2011 à 2014 pour falsifier des chèques avant de les déposer dans son compte bancaire personnel. 

Elle a subtilisé 628 000 $ à la compagnie Construction Irénée Paquet et fils, pour laquelle elle a travaillé pendant 20 ans. Mais pour l’entreprise, la perte a frôlé 900 000 $ si on compte la conciliation des taxes réclamées par Revenu Québec.

La juge Suzanne Costom a condamné mercredi Lise St-Pierre à deux ans de pénitencier, rejetant ainsi la suggestion de son avocat d’imposer une peine à purger dans la collectivité. 

Manque d’introspection

« À la lumière des condamnations antérieures et du fait qu’elle n’a pas véritablement réglé le problème à la base de son comportement criminel, le Tribunal craint que l’imposition d’une peine d’emprisonnement avec sursis ne mette en danger la sécurité de la communauté », a-t-elle résumé.

En raison d’un problème de jeu important, Lise St-Pierre pouvait à l’époque dépenser entre 1500 $ et 4000 $ par mois en billets de loterie.

Ironiquement, Mme St-Pierre était alors millionnaire. En 2010, elle avait gagné à la loterie 1 M$. Malgré tout, elle utilisait alors les chèques de la compagnie pour rembourser ses cartes de crédit, plutôt que de piger dans son magot. 

Si les vols ont cessé en 2014, c’est parce que le poste de la femme a été aboli après une restructuration de l’entreprise. 

Lise St-Pierre a aussi déjà fraudé trois autres employeurs dans le passé. Elle a d’ailleurs déjà écopé d’un an de prison pour avoir volé 60 000 $ à un ancien patron. Le stratagème était le même chaque fois.

Réhabilitation « embryonnaire »

Bien que la réhabilitation de l’accusée soit « embryonnaire », la juge l’a considérée « sincère ». C’est pourquoi elle a imposé une peine de deux ans assortie à une « longue » probation de trois ans, afin de privilégier « la dissuasion et la dénonciation, tout en laissant place à la réhabilitation ». 

La peine a eu l’air de prendre de court Lise St-Pierre, qui a demandé à la juge de retarder son emprisonnement afin de faire euthanasier son chien. « Juste une journée Mme la juge », a-t-elle supplié.

Une demande qu’a refusée la magistrate. « Une peine commence lorsqu’elle est prononcée, vous auriez dû savoir qu’il y avait une vraie possibilité pour vous d’aller en prison », a-t-elle tranché. 

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