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Une fraudeuse millionnaire bientôt en prison?

La femme avait remboursé grâce à un gain à la loterie

GEN - LISE ST-PIERRE FRAUDEUSE
Photo d'archives, Martin Alarie Lise St-Pierre en décembre 2019 à la sortie d’un dépanneur de Laval.

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Une fraudeuse récidiviste de 69 ans qui avait pu rembourser sa victime en gagnant 1 M$ à la loterie saura aujourd’hui si elle ira quand même en prison.

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Pendant plus de trois ans, Lise St-Pierre a volé 628 000 $ à son employeur, une entreprise familiale pour laquelle elle a travaillé pendant 20 ans. Secrétaire-comptable pour Construction Irénée Paquet et fils, elle a falsifié des chèques avant de les déposer dans son compte bancaire personnel. 

La perte encourue par son ex-employeur frôle 900 000 $ si on compte la conciliation des taxes réclamées par Revenu Québec.

Pour la Couronne, une peine de quatre ans de détention serait appropriée pour l’accusée qui « minimise ses gestes », et qui a même déjà fraudé d’autres employeurs dans le passé, toujours de la même façon. 

« Pendant pratiquement toute sa vie professionnelle, elle a fraudé ses employeurs », a déploré Me Nicolas Ammerlaan lors des observations sur la peine le mois dernier.

Lise St-Pierre a même déjà écopé d’un an de prison dans les années 1990 pour avoir volé 60 000 $ alors qu’elle travaillait pour une compagnie de vêtements. 

L’avocat de Lise St-Pierre, Cyrille Girot, propose pour sa part une peine de deux ans, à purger dans la collectivité. Il souligne les importants soucis de santé de sa cliente, mais aussi le remboursement total de la fraude.

Ironie du sort, Lise St-Pierre a en effet gagné un million de dollars à la loterie en 2010. Mais si la chance lui a souri, c’est parce qu’elle jouait les milliers de dollars volés mensuellement à son employeur. Et elle a continué jusqu’en 2014. Grâce à son important gain, elle a pu rembourser ses anciens patrons.

  • Écoutez la chronique économique d’Yves Daoust, directeur de la section Argent du Journal de Montréal, sur QUB radio:

Peu d’efforts

« C’est fortuit qu’elle ait gagné un million de dollars. Le remboursement résulte du destin et de la contrainte », a plaidé Me Ammerlaan, en référence aux procédures civiles entamées par les victimes pour récupérer leur argent.

En cour, l’accusée en a d’ailleurs profité pour présenter ses excuses aux victimes.

« Je n’ai jamais tant regretté, eu honte. Il n’est jamais trop tard pour bien faire », a-t-elle témoigné, assurant vouloir « faire la lumière » sur l’origine de son problème.

Pourtant, depuis son plaidoyer de culpabilité en novembre 2019, l’accusée a fait peu pour se réhabiliter, a noté la juge Suzanne Costom.  


La juge rendra sa sentence aujourd’hui au palais de justice de Montréal.

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