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Julian Edelman: un cas complexe

Julian Edelman: un cas complexe
AFP

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Depuis que le prolifique receveur Julian Edelman a annoncé sa retraite, lundi soir, le débat sur les réseaux sociaux quant à savoir s’il a sa place au Temple de la renommée est presque hilarant tellement toute forme de nuance est absente. Chacun semble détenir la vérité absolue, autant dans le camp de ceux qui encourageraient son éventuelle accession que chez ceux qui ferment la porte sans accepter l’ombre d’une réflexion.

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Et si, comme d’autres excellents joueurs avant lui, Edelman s’avérait un cas complexe qui mérite davantage d’analyse que 280 caractères ? 

Parce qu’aujourd’hui, il ne suffit pas de tout exprimer vite. Il faut avoir raison tout de suite, sur-le-champ.

Personnellement, j’ai plutôt tendance à me ranger du côté de ceux qui croient que le fier représentant des Patriots n’a pas assez produit, sur une assez longue période en saison régulière, pour être admis au sanctuaire du football. 

De là à crier que ce serait un blasphème de l’accueillir, non merci !

CHIFFRES PEU CONVAINCANTS

En toute objectivité, il est difficile de clamer que Edelman fait partie des meilleurs de l’histoire à sa position en se basant sur les chiffres. En saison régulière, il a accumulé 6822 verges, ce qui lui vaut le 156e rang. Ses 620 réceptions le classent au 75e rang. Des receveurs d’un passé pas si lointain comme Hines Ward, Reggie Wayne et Torry Holt présentent des statistiques clairement plus riches et attendent toujours leur invitation au Temple. 

À compter de cette année, d’autres grands receveurs comme Andre Johnson, Anquan Boldin et Steve Smith deviendront admissibles.

Il y aura inévitablement congestion aux portes. 

Clamer sans la moindre hésitation et sous le coup de l’émotion que Edelman sera intronisé à Canton relève de l’aveuglement. 

C’est avec la tête et non le cœur que des décisions aussi importantes quant à l’héritage d’un joueur doivent être prises.

Le receveur a été choisi en septième ronde par les Patriots en 2009 et il a connu une carrière formidable. 

Il a toutefois mis cinq ans avant de s’imposer et de déloger Wes Welker... un autre receveur qui présente d’ailleurs des chiffres supérieurs et qui devront être considérés dans la balance.

MONSIEUR SÉRIES

Dans le cas de Julian Edelman, il y a toutefois d’autres facteurs à considérer. 

Par-dessus tout, il a été « monsieur séries éliminatoires ». Dans l’histoire en séries, il est deuxième derrière Jerry Rice, avec 118 réceptions. 

Il fait aussi partie d’un petit groupe de 15 receveurs seulement qui revendiquent plus de 1000 verges en carrière en séries. 

Edelman, c’est LE receveur sur lequel Tom Brady a toujours pu compter dans les moments critiques. 

Ce n’est pas quantifiable, mais ça compte puisque son rôle dans la dynastie des Patriots est primordial. 

Il y a son attrapé miraculeux qui a permis aux Patriots de rester en vie et de conclure une remontée historique au Super Bowl 51 face aux Falcons. 

Il y a le touché qui s’est avéré celui de la victoire face aux Seahawks, au Super Bowl 49. 

Il y a son titre de joueur le plus utile dans un troisième Super Bowl, face aux Rams, grâce à 10 réceptions pour 141 verges. 

Dans toute situation corsée, il a été le modèle enviable du petit joueur qui joue gros. Edelman a toujours livré la marchandise dans les grands moments et cette facette de son jeu ne peut être balayée du revers de la main ou simplement attribuée au fait qu’il a joué avec Tom Brady. 

En fin de compte, Edelman a peut-être écrit une histoire fantastique, sans que celle-ci lui ouvre toutes grandes les portes du Temple. 

N’empêche qu’il a laissé ses tripes, ses larmes et son sang sur le terrain. Résumer sa carrière en jouant sur Twitter à qui pisse le plus loin pour gagner son point, c’est assez petit.

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