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La police se fait narguer sur internet par des manifestants anti-couvre-feu

Les récalcitrants du couvre-feu s’amusent sur Snapchat

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Des manifestants récalcitrants au couvre-feu qui narguent les policiers depuis quelques jours s’organisent par l’entremise de publications éphémères sur des réseaux sociaux, ce qui semble compliquer le travail des forces de l’ordre.

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Ces jeunes s’amusent aussi à insulter et à filmer des policiers qui tentent de les arrêter pendant les manifestations anti-couvre-feu qui se déroulent depuis dimanche à Montréal. 

Plusieurs vidéos éphémères ont été publiées par des jeunes s’amusant à filmer des policiers qui tentent de les arrêter, pendant les manifestations contre le couvre-feu.
Photo courtoisie, Instagram
Plusieurs vidéos éphémères ont été publiées par des jeunes s’amusant à filmer des policiers qui tentent de les arrêter, pendant les manifestations contre le couvre-feu.

« Je pense que les gyms doivent rouvrir parce que la police n’arrive plus à nous attraper », lance à la blague un jeune homme dans une publication sur les réseaux sociaux, alors qu’il joue au chat et à la souris avec les autorités. 

« Chasse à l’homme, chasse à l’homme », s’esclaffe un autre manifestant pourchassé par un policier à vélo. 

Le Journal a trouvé des dizaines de publications éphémères de ce genre publiées sur Instagram et Snapchat. Ces vidéos, mieux connues sous le terme de stories, ont l’avantage de disparaître au bout de 24 heures... à moins qu’une personne ne les télécharge. 

Photo courtoisie, Instagram
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LOIN DES AFFICHES ET DÉPLIANTS

Selon André Gélinas, sergent-détective à la retraite du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), ces vidéos éphémères complexifient le travail des autorités. 

« Avant, il y avait une manifestation, on avait une affiche placardée sur un mur ou un pamphlet distribué dans le métro. Aujourd’hui, l’information circule rapidement sur les réseaux sociaux. Ça prend des policiers qui s’y connaissent et ce n’est pas toujours évident », explique M. Gélinas.  

« Les plates-formes de communication se complexifient et se multiplient sur le web. Avec les manifs, le nerf de la guerre pour les policiers, c’est souvent les ressources et l’information. Pour le corps de police, si tu n’as pas de renseignements, t’es une entité aveugle », ajoute-t-il. 

André Gélinas croit aussi que les stories rendent difficile la tâche des enquêteurs qui cherchent des coupables sur les réseaux sociaux après une manifestation.

Photo courtoisie, Instagram

DES AMATEURS 

Steve Waterhouse, expert en cybersécurité, affirme que les récalcitrants au couvre-feu font preuve d’amateurisme s’ils veulent rester anonymes. 

« Je suis assez surpris qu’ils utilisent une plate-forme qui peut facilement être épiée par les policiers. Généralement, les gens mieux organisés vont utiliser des chat rooms, comme on dit », commente M. Waterhouse. 

« C’est pas nouveau comme type de communication pour faire des manifestations, poursuit le spécialiste. Ils pensent peut-être prendre un peu plus de précautions avec des publications éphémères. Par contre, si on repère facilement leurs publications, c’est qu’ils cachent mal leur jeu et que c’est fait avec amateurisme. »

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a refusé de commenter cette affaire. 

« Le SPVM ne commentera pas chaque cas particulier lié à une intervention en lien avec l’application des consignes sanitaires. À ce titre, nous ne commenterons pas davantage ce dossier », indique-t-on par courriel.

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