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Les agriculteurs ne sont pas des tueurs d’abeilles

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Santé Canada a récemment fait volte-face et n’interdit plus les néonicotinoïdes. Pourtant, il y a trois ans, l’agence avait conclu qu’il valait mieux interdire l’utilisation de deux types de néonicotinoïdes, la thiaméthoxame et la clothianadine, après avoir estimé qu’ils avaient des effets nuisibles sur les insectes aquatiques. Il s’agit d’un méchant revirement, mais c’est tant mieux.

Plusieurs ont déjà déclaré que l’utilisation généralisée d’insecticides néonicotinoïdes menace les abeilles. Peut-être, mais les recherches sur ce sujet ont suscité la controverse. La grande majorité des études de laboratoire récentes qui ont démontré les effets indésirables des néonicotinoïdes sur les abeilles mellifères et les bourdons ont joué un rôle déterminant dans l’imposition d’un moratoire par l’Union européenne sur l’utilisation de trois néonicotinoïdes. Pourtant, ces études n’ont été effectuées, justement, qu’en laboratoire.

Jusqu’à présent, les mêmes effets n’ont pas été observés dans les études sur le terrain. La grande majorité d’entre elles ont évalué le dosage, la concentration, la durée et les choix de produits afin de reproduire en quelque sorte les conditions réelles de l’agriculture. Les conclusions des études en laboratoire ont souvent surestimé les effets des différents pesticides. Les résultats assez convaincants d’études menées dans un environnement synthétique ont vraiment attiré l’attention au cours des dernières années, ce qui a forcé la main de plusieurs législateurs. Depuis quelques années, ce sujet qui a polarisé la population est devenu l’un des sujets les plus politisés en agriculture.

Malheureusement, plusieurs citadins se sont faits à l’idée : les néonicotinoïdes sont dangereux, point. Il y a même quelques campagnes publicitaires qui ont misé sur cette peur de faire mal aux plus grands pollinisateurs de la planète, les abeilles. Les producteurs agricoles, soucieux de l’environnement, suivent les règles établies selon la science moderne. Leurs intentions ne sont pas de massacrer quoi que ce soit, surtout pas la nature. Les champs, l’eau et les ressources essentielles sont de précieux partenaires pour les agriculteurs. Mais la science évolue, et les producteurs ont le devoir d’apprécier l’évolution constante des recherches qui ont une incidence sur leur profession de près ou de loin.

Le gros bon sens a suivi son cours avec la décision de Santé Canada, pour l’instant. Bien sûr, la recherche doit continuer afin de bien maîtriser les risques longitudinaux.

Pour démontrer que l’agence tient à bien protéger le public, il est fort à parier que l’utilisation de l’imidaclopride, le troisième néonicotinoïde, sera limitée ou peut-être interdite. Santé Canada doit bien sauver sa peau, d’une façon ou d’une autre. Donc, si vous croyez qu’il n’y a rien de politique dans le processus d’évaluation des risques des produits en agriculture, détrompez-vous!