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Les Astros honorent un tricheur alors que Pete Rose est toujours banni

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Photo AFP Le gérant A.J. Hinch, des Tigers de Detroit, a salué la foule à son retour au Minute Maid Park de Houston, lundi.

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Pas toujours facile de suivre la logique des décideurs du baseball majeur. Un tricheur a été honoré à Houston lundi soir, et pendant ce temps, le légendaire Pete Rose continue de manger son pain noir.

Au terme de la saison 2019, les instances du baseball ont suspendu le gérant des Astros de Houston A.J. Hinch et son directeur général Jeff Luhnow pour une saison, à la suite de l’enquête menée sur des actes de « vols de signaux » en 2017. Cette bévue a coûté encore cher aux Astros puisqu’ils ont été privés des premiers et deuxièmes choix aux repêchages de 2020 et 2021, en plus de payer une amende de 5 millions$ US. Devant l’ampleur du scandale, le propriétaire du club, Jim Cran, a congédié ses deux hommes de baseball sur-le-champ.

Lundi soir, Hinch est revenu à Houston. Mais cette fois à la barre des Tigers de Detroit. Dans l’abri des Astros, il ne reste plus que cinq joueurs de la formation de 2017, dont Alex Bregman et Jose Altuve, qui l’ont accueilli à bras ouverts lors de la pratique au bâton.

Ovation et pardon

Comme c’est la coutume dans le monde du sport, avant le match, les Astros ont présenté un montage vidéo rendant hommage à Hinch pour sa carrière comme gérant avec les Astros. 

Ému par cette marque de reconnaissance, il est sorti de l’abri pour saluer les spectateurs qui lui ont réservé une ovation. Lors de l’échange des formations au marbre, le gérant des Astros, Dusty Baker, l’a serré dans ses bras.

Un bien beau moment pour Hinch. Surtout quand il a constaté que l’organisation des Astros et les partisans l’avaient pardonné pour avoir triché.

Toutefois, il y a un règlement au baseball qui ne pardonne pas. Celui de parier sur les matchs. Parlez-en à Pete Rose, qui a été banni à vie par le commissaire Bart Giamatti le 24 août 1989. Ce joueur qui a frappé le plus grand nombre de coups sûrs dans l’histoire de la MLB a été jugé et condamné comme un paria sur la grande scène du baseball majeur.

Pourtant, Hinch a triché pour changer le résultat de plus de 100 matchs, dont ceux de la Série mondiale, et il s’en tire avec une seule saison au chômage. Et il n’a pas eu de problème à se dénicher un nouvel emploi à la fin de son purgatoire.

Quant à Pete Rose, c’est encore et toujours un refus catégorique. Les portes du baseball lui sont fermées à double tour.

Pire encore, Hinch pourrait être élu au Temple de la renommée du baseball. Rose, avec ses 4256 balles déposées en lieu sûr, ne peut même pas espérer de voir une plaque en son honneur dans le grand hall de Cooperstown.

Des autographes pour vivre

À son retour dans les majeures, Hinch empoche plus d’un million de dollars à la barre des Tigers. 

Trente-deux ans après son expulsion à vie des sphères du baseball majeur, l’ancien numéro 14 des Reds de Cincinnati, des Phillies de Philadelphie et des Expos de Montréal doit vendre des articles autographiés pour gagner sa vie.

Les joueurs accueillent à bras ouverts un gérant qui a triché. Et le baseball majeur continue de tourner le dos à celui qui a toujours plongé tête première pour faire gagner son équipe.

Dans un vote populaire organisé par la MLB auprès des amateurs en 1999 pour dresser la liste d’excellence des 100 meilleurs joueurs du siècle, Pete Rose a trouvé sa place sur ce tableau après avoir reçu l’appui de près de 630 000 partisans. Et Rose a même assisté aux célébrations à l’invitation du bureau du commissaire.

La pénitence a assez duré

Il est temps que les dirigeants du baseball majeur et les gens des médias, qui sont les seuls aptes à voter pour l’intronisation d’un membre au Temple de la renommée, mettent de l’eau dans leur vin et ouvrent les grandes portes du Temple de Cooperstown à celui qui était surnommé « Charlie Hustle ».

Pete Rose a fait plus pour le baseball que A.J. Hinch, qui a été pardonné pour ses gaffes.

Abolir la reprise vidéo

La semaine dernière, deux mauvaises décisions prises par les arbitres sur les derniers jeux du match m’ont fait grincer des dents. Commençons avec la première situation.

C’est l’égalité à la fin de la neuvième manche, le coureur des Phillies au troisième but. La balle est frappée au voltigeur de droite des Braves d’Atlanta. Le relais arrive au marbre bien avant le coureur. Le receveur applique sa grosse mitaine contre le coureur... l’arbitre le déclare sauf. 

On s’en va à la reprise vidéo. Il y a cinq angles de télévisons qui montrent le jeu en question. Aucune fois, on ne voit le coureur qui touche au marbre avec son pied.

Malgré tout, on a donné raison à l’arbitre, le coureur était sauf. Plusieurs millions de personnes ont vu ce jeu et il sera visionné dans la catégorie des pires décisions d’un arbitre pendant encore 20 ans.

L’histoire s’est répétée au Citi Field à New York.

Une autre fin de match controversée. Fin de neuvième manche, c’est l’égalité avec les buts remplis, deux retraits et un compte complet au frappeur des Mets Michael Conforto. Le lanceur effectue son tir, l’arbitre derrière le marbre soulève son bras pour déclarer une troisième prise. Le frappeur tourne son bras dans la zone de prises et l’officiel change sa décision pour déclarer qu’il avait été atteint par la balle permettant au coureur de croiser le marbre pour le point de la victoire.

Je regarde le jeu avec mon confrère de TVA Sports François Paquette. Nous sommes estomaqués par la décision. Voici pourquoi. Le règlement spécifie que si un frappeur est atteint par un tir alors que le lancer est dans la zone des prises, c’est automatiquement une prise suivie d’un temps d’arrêt pour empêcher les coureurs d’avancer.

Afin de m’assurer que nous avions bien interprété le règlement, j’ai communiqué avec un arbitre du baseball majeur. Il m’a confirmé que l’officiel avait erré. Le frappeur aurait dû être retiré sur trois prises.

Le comble du ridicule !

Le livre des règlements du baseball majeur permet à l’arbitre d’utiliser la reprise vidéo pour déterminer si la balle a atteint le joueur, mais il ne peut pas décider si le lancer était une prise. Imaginez-vous, si l’arbitre analyse la reprise, il rend sans aucun doute la bonne décision. Plusieurs millions de personnes ont vu la reprise vidéo. Ils étaient sûrement unanimes à dire que Conforto aurait dû être retiré.

Après le match, l’arbitre a déclaré aux journalistes qu’il s’était trompé, mais qu’il ne pouvait pas utiliser la reprise vidéo.

Cet outil de travail qui met en doute l’intégrité de son sport doit être aboli. La reprise vidéo au baseball n’a plus sa place si elle ne peut pas être utilisée pour rendre la bonne décision.

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