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La mort de Jacques Lévesque était évitable

Le témoignage de la coroner Géhane Kamel n’a pas été tendre envers les employés du Manoir Liverpool

Jacques Lévesque
Photo courtoisie Jacques Lévesque, entouré de ses sœurs Julie Lévesque (à gauche)­­­, et Isabelle Lévesque (à droite). Elles étaient sous le choc d’apprendre que leur frère n’a pas été secouru à temps, alors qu’il s’étouffait.

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La coroner Géhane Kamel a affirmé que la mort de Jacques Lévesque, survenue en avril 2020 au Manoir Liverpool, « aurait pu être évitée ».

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Au troisième jour des audiences publiques, visant à faire la lumière sur les circonstances du décès de l’homme de 60 ans, en plein épisode d’hypoglycémie, la coroner n’a pas ménagé ses mots envers l’infirmière auxiliaire qui est intervenue au moment de son décès.

« [...] Je reste avec ce sentiment bien présent que c’était une mort qui aurait pu être évitée », a-t-elle affirmé, à la fin de son témoignage.

La coroner a notamment souligné que les employés du Manoir ont tardé à porter assistance à M. Lévesque, alors qu’il présentait des signes d’étouffement sévères.

Trous de mémoire

L’infirmière auxiliaire a indiqué qu’elle n’a pas « osé » agir car elle avait « peur » de M. Lévesque. Il a été rapporté que M. Lévesque pouvait devenir agité, voire agressif, durant ses épisodes d’hypoglycémie.

« [...] Ce que je retiens, c’est que comme infirmière auxiliaire, vous ne consultez pas le dossier médical [des résidents], vous ne connaissez pas le protocole [pharmacologique à appliquer en cas d’épisode d’hypoglycémie], vous ne portez pas assistance à une personne qui est agitée », a-t-elle affirmé, qualifiant les tragiques événements « d’extrêmement tristes et désolants ».

Dans son témoignage, parsemé de plusieurs trous de mémoire, l’infirmière auxiliaire a notamment confirmé qu’elle n’avait jamais consulté les dossiers médicaux des résidents, dont celui de M. Lévesque. 

« On n’a pas le temps de regarder [les dossiers médicaux des résidents]. C’est du bouche-à-oreille [pour connaître l’état de santé des résidents] », a-t-elle indiqué.

Me Kamel a aussi souligné à la préposée aux bénéficiaires qui s’est rendue dans la chambre de M. Lévesque au moment du drame que de pratiquer des manœuvres de réanimation sur un lit, s’apparentait à « ne rien faire ».

« Faites-vous en pas que ça va être plus proactif la prochaine fois. On apprend de nos erreurs, ç’a l’air », a répondu la préposée.

Le 26 avril 2020, Jacques Lévesque est décédé dans sa chambre du Manoir Liverpool. L’infirmière auxiliaire lui avait donné de la nourriture et un tube de glucose, en raison de son taux glycémique très bas.

Sous le choc

Jointe par Le Journal, la sœur de la victime, Isabelle Lévesque, a confié que toute la famille était « sous le choc ». « On trouve ça désolant de voir la façon dont ça s’est passé. De la façon que mon frère a probablement réclamé de l’aide et qu’on n’a pas agi », a-t-elle mentionné.

« J’aurais pas pensé que ça [les circonstances du décès de son frère] aurait été aussi aberrant », a ajouté la femme de 43 ans.

Jeudi, les anciens propriétaires du Manoir Liverpool seront entendus. Récemment, le Groupe Ében a fait l’acquisition de la résidence pour aînés.