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Une crise de la main-d'œuvre qui s'aggrave dans le communautaire

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Les demandes d’aide sont en augmentation dans les organismes communautaires de la Mauricie, mais le milieu est aux prises avec un problème de taille, une pénurie de main-d’œuvre d’une ampleur jamais vue. Le recours aux chasseurs de têtes est même devenu nécessaire dans certains cas.

Si la problématique est connue depuis quelques années, la situation s'est aggravée avec la pandémie. À la Maison de transition de la Batiscan, à Saint-Stanislas, la directrice générale, Line Bédard, cherche un intervenant depuis plus de deux mois. L’établissement n’a reçu que trois curriculum vitae, mais en vain, ce qui met de la pression sur le personnel, déjà à bout de souffle.

«Je suis ici depuis 30 ans et je n’ai jamais vu ça une telle pénurie. Ça peut venir difficile pour nous avec la pandémie en plus. On est fatigués et on a hâte aux vacances, mais encore là, il faut trouver des remplaçants. On se demande où est la relève.»

Les ressources d’aide ont des rivaux de taille pour attirer les finissants des techniques en travail social et en psychoéducation. Les centres de services scolaires et le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie-Centre-du-Québec sont en recherche constante. Le réseau de la santé cherche actuellement à embaucher 33 intervenants psychosociaux à un salaire d'entrée de 23,12$ l’heure. C'est trop pour les organismes dont les salaires oscillent entre 15 à 18$ l'heure, selon les endroits.

La directrice générale de COMSEP Trois-Rivières, Sylvie Tardif, pense que ce manque criant de main-d’oeuvre risque de s’aggraver.

«Avant, nous pouvions avoir une trentaine de CV pour un poste et maintenant nous en recevons six ou sept. Les jeunes viennent faire leur stage chez nous et ils quittent pour le réseau après.»

La situation est telle que des ressources de la Mauricie doivent se rabattre sur des chasseurs de têtes selon la directrice de COMSEP.

Cette pénurie touche aussi la Maison des jeunes le Chakado dans le secteur Sainte-Marthe-du-Cap, où, dans la dernière année, le nombre d'intervenants est passé de six à deux à certains moments. L’impact sur les services offerts aux jeunes s’est fait ressentir et la coordonnatrice, Audrey Charron, a dû réduire les heures d’ouverture. Une situation déplorable en temps de pandémie.

«Nous avons moins d’intervenants, donc moins de temps à passer avec nos jeunes, qui ont besoin de nous en ce moment.»

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