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Hôpitaux sous pression à Québec: des chirurgiens à 211$ l’heure à la place d’infirmières

Hôpitaux sous pression à Québec: des chirurgiens à 211$ l’heure à la place d’infirmières
Journal de Québec

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Des infirmières de bloc opératoire du CHU de Québec réaffectées en zone chaude seront remplacées par des chirurgiens qui effectueront leurs tâches à grands frais avec un salaire jusqu’à 9 fois plus élevé.

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La demande a été faite à l’ensemble des chirurgiens du CHU de Québec-Université Laval, mardi, par la cheffe du département, la Dre Josée Gagnon.

Les spécialistes seront appelés à se substituer aux infirmières internes en salle d’opération afin de permettre le maintien des activités.

« Nous ne prétendons pas que nous serons aussi compétents qu’elles », prend soin de préciser la Dre Gagnon, ajoutant que « cette tâche peut être facturable comme de la réaffectation ». 

Or, en vertu de la lettre d’entente 241 signée en décembre dernier, les médecins pourraient se prévaloir d’une rémunération moyenne de 211 $ l’heure pour ce « remplacement ».

Les tâches de service interne sont habituellement occupées par une infirmière ou une infirmière auxiliaire, dont les premiers échelons tournent autour de 25 $ l’heure.

Pas tous d’accord

C’est cette réalité qui fait réagir à l’interne, selon nos informations. On craint notamment la réaction des équipes de soins infirmiers lorsqu’elles seront mises au courant, « le moral étant déjà au plus bas ». 

La mesure ne ferait pas l’unanimité non plus du côté des chirurgiens. Alors que certains ont déjà confirmé leur intérêt, d’autres seraient plus réticents.

« Il y a des chirurgiens pour qui c’est aberrant de venir chercher ça au salaire qu’ils sont payés alors qu’ils travaillent avec des infirmières qui font 25 $ de l’heure. Ils trouvent ça ridicule », nous confie une source au fait du dossier.

Le syndicat de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) s’insurge aussi contre la pratique qu’il qualifie d’irrespectueuse. 

« Changer quelqu’un de place, le forcer à aller travailler ailleurs, pour ensuite le remplacer à gros prix par une autre personne, c’est vraiment dommage. C’est un manque de respect », déplore Nancy Hogan, présidente de la section CHU de Québec de la FIQ. 

Inquiets pour la suite

D’ailleurs, le syndicat s’inquiète pour la suite, craignant que ce genre d’action ne soit que le début.

Si la situation continue de se compliquer dans les prochaines semaines, les mouvements de personnel et les occasions de « réaffectation » augmenteront. 

Le CHU a confirmé la possibilité de réaffecter certains médecins à « des tâches médicales élargies ».

De cette façon, « l’impact du déplacement d’infirmières pour soutenir les unités COVID est moins grand, et plus de patients peuvent être opérés », soutient la direction.

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