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Les bandits à cravate sont devenus des «bandits à tablette»

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Si de 1982 à 2008 Earl Jones se rendait dans les salons funéraires pour trouver de nouvelles proies à escroquer, il serait aujourd’hui derrière son ordinateur dans son sous-sol, illustre un expert des crimes économiques.

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« Rendu en 2021, j’emploierais le terme de bandit à tablette plus que celui de bandit à cravate, car la zone de risque la plus importante est le numérique », lance Stéphane Rousseau, professeur à l’Université de Montréal qui enseigne et fait des recherches dans le domaine du droit financier depuis 20 ans. 

Enjeux identiques

À la fin des années 2000, les affaires Norbourg et Earl Jones au Québec et Madoff aux États-Unis ont été « des révélateurs de notre vulnérabilité face aux fraudes financières », explique Stéphane Rousseau. 

L’enjeu est identique aujourd’hui, même que « ça devient plus difficile pour les investisseurs de faire la part des choses », car les sites internet ou les applications frauduleuses « sont très bien construits ». 

Et si les lois sont en place et que les peines pour les escrocs et les programmes de surveillance ont été renforcés dans la foulée de l’affaire Norbourg, le cœur du problème demeure.

« La règle d’or est la même qu’avant : quand c’est trop beau pour être vrai, c’est que c’est trop beau pour être vrai. C’est très difficile à ancrer ça dans nos habitudes, il y a encore du travail à faire en matière de prévention », avertit M. Rousseau. 

Victimes québécoises de Madoff

Au Québec, Bernard Madoff avait fait moins d’une dizaine de victimes, principalement des fonds d’investissement. 

L’Autorité des marchés financiers (AMF), qui n’avait pas participé à l’enquête, expliquait hier que « tous les régulateurs à travers le monde ont tiré des enseignements » des scandales financiers de la fin des années 90. 

L’AMF avait, entre autres, mis en place d’une équipe de cybersurveillance et un programme de dénonciation à l’époque. 

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