/finance/news
Navigation

Les plans de carrière d’une comédienne grandement mis à mal par la pandémie

0415_DVP
Illustration Adobe Stock

Coup d'oeil sur cet article

La carrière de Marianne, comédienne à la télévision et au théâtre, prenait progressivement son envol lorsque la pandémie a frappé, mettant sur pause toute l’activité culturelle et artistique.

• À lire aussi: Les vrais impacts de la hausse du taux de qualification hypothécaire

• À lire aussi: Villeneuve vend finalement son manoir de Westmount

Marianne est travailleuse autonome et ses revenus sont irréguliers. Au printemps 2020, elle a vu ses contrats fondre comme neige au soleil dans la foulée de la fermeture des théâtres et de l’interruption des tournages. Au pire de la crise, elle a pu toucher la Prestation canadienne d’urgence, mais a tout de même dû avoir recours à sa marge de crédit pour faire face à des dépenses imprévues.

Vers la fin de l’année 2020, elle a enfin pu retrouver un certain niveau d’activité professionnelle, mais la pandémie a laissé des traces indélébiles dans ses finances. 

Une faillite risquée

Ainsi, elle n’a pas pu payer ses impôts de 2019 qui s’élevaient à 10 000 $. Son comptable vient également de l’aviser qu’elle a un solde de 4000 $ pour l’année fiscale 2020. Elle a accumulé 6000 $ sur sa marge de crédit personnelle, et 12 000 $ encore à payer sur son prêt étudiant. 

Marianne a bien conscience qu’elle doit aussi commencer à mettre de l’argent de côté pour ses impôts de l’année prochaine. Elle ne sait plus où donner de la tête, car ses revenus sont insuffisants pour pouvoir régler toutes ses dettes. Pour évaluer ses différentes options, elle est allée consulter la firme de syndic autorisé en insolvabilité Raymond Chabot.

« Lors de la première rencontre, nous avons dressé un bilan des actifs et du passif de Marianne. Elle souhaitait conserver son véhicule, car elle est amenée à se déplacer dans le cadre de son travail », explique Audrey Gervais, avocate et conseillère en redressement financier.

La faillite a été envisagée, mais elle se prête mal à la situation de la comédienne. En effet, ses revenus varient d’un mois à l’autre et elle peut parfois recevoir de grosses sommes d’un seul coup à l’issue d’un contrat. Or, cette hausse subite peut faire grimper la somme qu’elle devrait verser pour se libérer de sa faillite, ce qui la placerait à nouveau dans une situation financière difficile.

L’option retenue : la proposition

En étudiant le budget de Marianne, Audrey Gervais a constaté qu’elle pouvait dégager une petite marge de manœuvre qui lui permettrait de faire une offre à ses créanciers dans le cadre d’une proposition de consommateur. Le montant proposé est de 10 000 $, payable à raison de 45 versements mensuels de 222 $. 

Cette offre a été acceptée et la jeune femme pourra donc se libérer de ses dettes dans un délai raisonnable. Si ses revenus augmentent à l’avenir, elle espère d’ailleurs pouvoir rembourser la proposition plus rapidement. Précisons que dans le cas d’une proposition, les versements mensuels aux créanciers ne sont pas modifiés même si les revenus du débiteur viennent à augmenter.

Concernant son prêt étudiant, pour pouvoir l’inclure dans une proposition ou une faillite, il aurait fallu que ses études soient terminées depuis plus de sept ans, ce qui n’est pas le cas. Toutefois, les paiements seront suspendus pendant la proposition, période durant laquelle le gouvernement recevra tout de même un dividende qui viendra réduire le montant de la dette globale.

Son dossier de crédit sera affecté et affichera une cote R-9 pendant toute la durée de la proposition, la pire, comme pour une faillite. Durant les trois années suivantes, sa cote passera à R-7.

Audrey Gervais donne un dernier conseil à Marianne qui peut d’ailleurs s’appliquer à tous ceux travaillant à forfait : « Je rencontre souvent des travailleurs autonomes aux prises avec des dettes fiscales importantes. Les impôts n’étant pas prélevés à la source sur leur rémunération, il est important d’être prévoyant et de mettre de l’argent de côté au fur et à mesure, en prévision des impôts de l’année suivante. Si on craint de manquer de discipline ou d’utiliser cet argent à d’autres fins, on peut les verser au fur et à mesure au gouvernement sous forme d’acomptes provisionnels. » 

Sa situation financière 

Actifs 

  • Véhicule Volkswagen Golf 2017 : en location 
  • REER : 10 000 $ (insaisissable) 
  • Meubles : valeur inférieure à 7000 $  

Dettes de consommation 

  • Impôt 2019 et 2020 : 14 600 $  
  • Marge de crédit : 6000 $ 
  • Prêt étudiant : 12 000 $  

Total des dettes de consommation : 32 600 $ 

  • Revenus nets mensuels : 2200 $  

Dépenses mensuelles 

  • 1850 $ (excluant le remboursement des dettes, mais incluant loyer, téléphone, électricité, location auto, assurances, épicerie, etc.)  

À VOIR AUSSI | Remboursements chez Air Canada