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Politique d’hébergement en soins de longue durée: des CHSLD plus humains

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Le gouvernement Legault veut réduire l’utilisation des médicaments et favoriser l’autonomie des aînés en CHSLD. À Québec, un projet-pilote permet déjà de voir les résultats de cette approche novatrice.  

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«On diminue, dans nos CHSLD, la prise d’antipsychotiques. [...] On veut que les gens soient actifs. Au lieu de travailler sur la perte d’autonomie, on va plutôt travailler sur le potentiel d’autonomie qui reste», a résumé la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, en déposant jeudi la toute première Politique d’hébergement et de soins et services de longue durée.  

Celle-ci s’appliquera tant aux CHSLD qu’aux ressources intermédiaires et aux futures Maisons des aînés et alternatives.  

Alors que les CHSLD ont longtemps été décrits comme des milieux de vie, ceux-ci sont devenus, dans les faits, des milieux de soins, une réalité mise en lumière récemment par la pandémie. «Plus de 80% des personnes qui sont en CHSLD vivent avec des troubles neurocognitifs majeurs», souligne Mme Blais.  

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Au cours des prochaines années, les établissements de soins de longue durée devront donc adapter leurs pratiques. La politique déposée jeudi vient d’ailleurs «réconcilier» la nécessité de préserver les milieux de vie, tout en bonifiant les soins aux personnes hébergées.  

«Aujourd’hui, c’est la politique. Les actions vont venir par la suite», a promis la ministre Blais.  

Comme à la maison 

Cité en exemple lors de la conférence de presse, le CHSLD Le Faubourg à Québec met déjà de l’avant cette approche dans le cadre d’un projet-pilote lancé en 2017.  

Patrick Bellerose

L’endroit, qui accueille 96 résidents présentant des troubles cognitifs (principalement l’Alzheimer), fait le choix de s’adapter à la volonté des aînés, plutôt que de leur imposer une routine hospitalière.  

Patrick Bellerose

Le centre tente d’ailleurs de recréer la vie à la maison, avec son poulailler, ses oiseaux en cage et ses meubles d’une autre époque. Afin de permettre aux gens atteints de l’Alzheimer d’errer (un symptôme commun), on créera bientôt un corridor avec une «banque», une «épicerie» et un «arrêt de bus». La communauté est aussi impliquée, grâce à un jardin communautaire, mais aussi la visite de bénévoles et des spectacles de jeunes élèves.   

Patrick Bellerose

Patrick Bellerose

«On essaie de décloisonner la vision traditionnelle d’un CHSLD qui veut qu’un patient soit levé à 8h, on passe les pilules à 9h et le lunch est à midi», illustre Alice Guilmain-Bilodeau, cheffe d’unité de vie au centre hébergement Le Faubourg.  

Alice Guilmain-Bilodeau
Patrick Bellerose
Alice Guilmain-Bilodeau

Effets bénéfiques

Le personnel est plutôt invité à s’adapter à la clientèle. «Si le monsieur est dans le jardin à regarder les poules, c’est à l’infirmière de s’adapter et à aller le voir pour lui donner le médicament. Ce n’est pas à lui à s’adapter à notre horaire à nous», explique Mme Guilmain-Bilodeau.  

De la même façon, une dame refuse peut-être sa toilette le matin simplement parce qu’elle s’est lavée le soir toute sa vie. Plutôt que de médicamenter cette résidente «qui résiste», comme c’est souvent le cas ailleurs, le centre adapte son horaire.  

En conséquence, le personnel note une forte baisse de l’utilisation d’antipsychotiques. «L’approche adaptée aux personnes âgées qui ont des troubles cognitifs, ça règle 90% des problèmes d’agitation», estime Mme Guilmain-Bilodeau. Souvent, l’agressivité ou l’anxiété est simplement le symptôme d’un besoin non comblé.  

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