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Victoires dans la LNH: Fleury dans un quatuor de rêve

Le gardien de Vegas a 485 gains et est maintenant derrière Martin Brodeur, Patrick Roy et Roberto Luongo

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Photo AFP Marc-André Fleury après avoir été nommé la deuxième étoile du match contre les Coyotes de l’Arizona dimanche.

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Marc-André Fleury marchait tranquillement dans les rues d’Anaheim à proximité du site de Disneyland, toujours fermé en raison de la COVID-19, pour chasser le temps et décompresser. Malgré l’humilité qui le caractérise, il avait du temps pour parler de sa plus récente réalisation. 

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La veille au Staples Center de Los Angeles, Fleury bloquait 20 tirs dans un gain de 6 à 2 des Golden Knights de Vegas contre les Kings. Il signait sa 19e victoire de la saison, mais aussi sa 485e depuis ses premiers pas dans la LNH en 2003-2004. 

Il a ainsi dépassé Ed Belfour. Dans l’histoire, il n’y a que trois gardiens avec plus de victoires : Martin Brodeur (691), Patrick Roy (551) et Roberto Luongo (489). 

« On dirait que c’est encore difficile à réaliser, a dit Fleury en entrevue téléphonique au Journal. Ce sont des gardiens que j’ai admirés en grandissant. C’est un honneur de voir mon nom parmi eux. Et c’est spécial d’avoir un top quatre de gardiens du Québec. »

« Je me suis inspiré d’eux quand j’étais plus jeune et encore aujourd’hui, a-t-il continué. Comme je l’ai dit hier soir, j’aime encore faire des poke check [harponnage] comme Martin et j’ai adopté le style papillon de Patrick. »

La fougue, le calme

Le harponnage de Brodeur et le style papillon de Roy, c’était la réponse plus courte offerte dans une visioconférence. Le gardien de 36 ans a creusé le sujet encore plus loin pour décrire l’influence des trois maîtres. 

« J’ai toujours été un partisan du Canadien. Quand j’ai commencé à jouer au hockey, Patrick était le gardien du CH et il avait innové avec son style papillon. Mais j’ai toujours admiré la constance de Patrick, Martin et Roberto. J’aimais aussi la fougue et le désir de vaincre de Patrick. »

« Pour mon premier match au Centre Bell comme partisan à l’âge de 13 ou 14 ans, le Canadien jouait contre les Devils du New Jersey. J’étais tellement heureux de voir Brodeur en personne. Je me souviens de son sourire derrière son masque et qu’il avait lancé des rondelles à de jeunes partisans après la période d’échauffement. Il s’amusait devant son filet. Il n’avait pas l’air nerveux. Même s’il jouait dans la LNH, il avait du plaisir et ça se voyait aussi dans ses entrevues. Martin avait aussi son style à lui. Il pouvait bloquer une rondelle avec les deux jambes dans les airs, en papillon ou avec un seul genou sur la glace. Il était difficile à lire pour un attaquant. »

« Pour Roberto, je le regardais à ses débuts avec les Foreurs de Val-d’Or dans la LHJMQ, a-t-il continué. Plus tard, j’ai joué contre lui dans la LNH. J’ai aussi participé aux Jeux olympiques à Vancouver en 2010 avec Roberto et Martin. Même si j’étais le troisième gardien, j’en garde un magnifique souvenir. »

Brodeur peut dormir en paix

D’ici la fin de la saison, Fleury devrait logiquement se hisser au troisième rang de l’histoire pour les victoires même s’il partage depuis quelques semaines le travail avec Robin Lehner. Avec encore 14 matchs au calendrier des Knights, il aura besoin de cinq victoires pour devancer Luongo (489). Il n’a toutefois pas les yeux sur le record. 

« Martin est encore loin à 691, il a réalisé un record incroyable, a répliqué Fleury. Je ne sais pas si un gardien y arrivera un jour. Je ne pense pas qu’il me restera assez d’années dans la LNH pour le rattraper. Mais depuis quelque temps, je m’étais fixé l’objectif de 500 victoires. Je trouvais que c’était un beau chiffre rond. Je m’y approche. Si mon corps suit pour encore deux, trois ou quatre autres saisons, j’ai peut-être des chances de rattraper Roy. Mais je ne joue pas pour les records et rattraper les autres. Je veux juste gagner et m’amuser. » 

Une pensée pour son père

Depuis la saison dernière, Fleury a fait graver une citation de son père, André, derrière son masque. 

« Mets ton œil dessus. Tu joues comme tu pratiques. Amuse-toi. » 

À 36 ans, Fleury insiste encore souvent sur la notion de s’amuser. Au cours de cette entrevue d’une vingtaine de minutes, il a parlé de l’importance d’avoir du plaisir à cinq ou six reprises. Minimum. 

« Mon père m’a toujours dit ça quand j’étais jeune et même quand j’étais plus vieux, a-t-il répliqué. Je pense à mon père encore tous les jours. Il était une personne tellement importante pour moi. Il adorait aussi le hockey et me regarder jouer. On se parlait encore au téléphone le lendemain de mes matchs. Je pense qu’il serait content et qu’il serait fier aujourd’hui. Il doit avoir un sourire dans le visage. »

Il y a probablement un grand sourire, comme celui de Marc-André, dans le ciel. Au mois de novembre 2019, André a quitté ce monde après une lutte contre un cancer des poumons à l’âge de 63 ans.

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