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Une autre bourde de la Santé publique

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C’était un moment charnière. Mardi, en point de presse, François Legault reconnaissait enfin que la pandémie est encore loin d’être terminée. Il n’a pu s’empêcher de poser un nouveau « défi » de 73 jours, mais l’important est que pour la première fois, il s’est gardé de présenter celui-ci comme le « dernier » effort à fournir.

De toute évidence, le retour à la « normalité » s’annonce long et progressif. Tel est l’incontournable principe de réalité. Le problème est que son message, aussi important soit-il, fut éclipsé par l’annonce mal ficelée de l’imposition du masque à l’extérieur, doublée de règles sibyllines.

Incapable d’expliquer

Au même point de presse, Horacio, Arruda, directeur de santé publique, s’est en effet montré incapable d’expliquer les raisons de la nouvelle mesure. Même si un communiqué de presse en faisait mention la semaine dernière, 

M. Legault jurait même qu’il n’en avait rien su.

Bref, ça sentait l’improvisation. D’où le revirement d’hier de M. Legault sur sa page Facebook. La controverse s’amplifiant, le premier ministre dit avoir « demandé de préciser le décret ». Et qui dit « précision » confirme que l’annonce en manquait drôlement. 

Craignant possiblement qu’en réaction, cette mesure née dans la confusion et adjointe de règles contradictoires soit peu respectée, il a surtout choisi d’en réduire considérablement la portée.

Pour la Santé publique, cette dernière bourde s’ajoute à d’autres ratés depuis le début de la crise sanitaire. Elle témoigne aussi d’une communication gouvernementale qui, depuis des mois, manque de cohérence.

Le pire

Le pire est qu’une telle confusion risque de « tuer » la mesure dans l’opinion publique. Or, selon plusieurs experts, à cause des variants hyper contagieux de la Covid-19, le port du masque à l’extérieur est nécessaire. Par devoir de précaution et de protection. Pour soi et les autres.

Parce que nous la ressentons tous dans nos vies, on comprend la fatigue des décideurs. Le problème est que la Santé publique traîne trop souvent de la patte lorsque vient le temps d’appliquer le principe de précaution avec clarté et célérité. Redisons-le, la cellule de crise a besoin de sang neuf.