/opinion/blogs/columnists
Navigation

Bonjour la police (air connu)

GEN-RELANCE-CENTRE-VILLE
Photo Agence QMI, Joêl Lemay Valérie Plante

Coup d'oeil sur cet article

Je n’aime pas particulièrement la mairesse de Montréal, Valérie Plante. Je dirais même pas du tout. Elle représente tout ce que je déteste dans cette pseudo gauche bien pensante et bien nourrie qui veut faire de Montréal une métropole qui ne soit surtout pas québécoise et qui renie ses origines françaises. Un centre cosmopolite où l’identité propre serait le multiculturalisme et où la langue française ne serait qu’un outil de communication secondaire face à la prépondérance de l’anglais, langue des grosses affaires. Un territoire autochtone non cédé. Une ville pour que les bobos d’une soi-disant gauche puisse se sentir des plus confortable sur leurs pistes cyclables mais qui prive d’espaces de stationnement nécessaires une partie importante de sa population vieillissante qui ne peut se déplacer à bicyclette. Une ville verte mais où les taxes de toutes sortes, aussi bien pour le secteur résidentiel que pour le secteur commercial, font fuir les familles moins fortunées vers les banlieues. Cette mairesse me fait détester la ville où je suis né, où j’ai grandi, où j’ai aimé et où j’ai lutté.

Ceci dit, je suis capable d’admettre qu’elle peut avoir des idées qui me plaisent. C’est le cas de ce projet embryonnaire de désarmer une partie du corps policier montréalais. Suis-je le seul à l’extérieur du parti Projet Montréal à m’enthousiasmer pour ce projet ? On le dirait bien à voir le nombre de critiques négatives, à commencer par le très corporatiste syndicat des policiers. Il fallait s’y attendre.

Je m’explique. Lorsque je vois un policier montréalais devant moi, je vois tout sauf un citoyen capable de me venir en aide. Armé de tout son attirail offensif, veste anti-balles, revolver, menottes, matraque et autres gadgets, on dirait un soldat qui s’en va à la guerre. Pourtant Montréal n’est pas en guerre. Ça ne me donne surtout pas envie de m’adresser à cet «agent de la paix» pour lui demander un renseignement, une aide quelconque, ni même de le saluer. Vous me direz qu’il n’est pas payé pour «ça», qu’il n’a pas fait l’École de police pour jouer les bons samaritains. Et pourtant... moi je pense que oui. Que cela fait aussi partie de son travail de policier, pour rendre cette ville plus humaine, moins répressive. 

Peut-être suis-je contaminé par ces maintenant treize mois consécutifs (et ce n’est pas la première fois) passés à La Havane, depuis mars 2020, loin de mon Québec chéri... mais je dois dire qu’ici la police ne fait pas peur et on a même envie de saluer un policier ou une policière lorsqu’on les croise dans la rue. Les policiers cubains n’ont rien de robocop ou de martien. Ils peuvent décider un matin de patrouiller sans leur arme réglementaire. Pas de veste anti-balles. La majorité des policiers sont de petite taille et ils ne sont donc pas choisis en fonction de leur carrure. 

Ils sont présents pour organiser les files d’attente depuis le déclenchement de la pandémie et de la lutte au coronavirus. Ils essuient sans broncher les critiques des gens exaspérés ou choqués par telle irrégularité dans une file d’attente. Jamais je n’ai assisté à une arrestation mais plutôt à de longues discussions entre l’un et l’autre, avec patience, doigté et compréhension. Cela fait AUSSI partie du travail de ces policiers citoyens.

Si c’est cela que veut instaurer Valérie Plante, en tentant de changer et les mentalités et l’équipement des policiers du SPVM, je ne peux qu’être d’accord, et je dis : Bonjour la police !