/sports/huntfish
Navigation

Finie «la petite bière» à la chasse?

Coup d'oeil sur cet article

Un projet de loi à l'étude à l'Assemblée nationale et qui prévoit d’interdire la consommation de l’alcool lors des activités de chasse suscite un tollé auprès des adeptes de cette activité.

«On exige zéro consommation d’alcool, comme si les chasseurs étaient une catégorie à part d’individus qui ne savent pas se comporter», a lancé vendredi le porte-parole du Parti québécois en matière de forêts, de faune et de parcs, Sylvain Roy. 

La loi actuelle interdit «de chasser sous l’influence d’une boisson alcoolique», mais le projet de loi 88 prévoit de modifier la loi en insérant l’article suivant: «Nul ne peut consommer une boisson alcoolisée alors qu’il chasse». 

Une petite modification qui est lourde de conséquences, selon les acteurs du milieu. 

«C’est un article qui a été ajouté et on ne comprend pas d’où ça vient. On est à la chasse, on a nos dossards, nos armes, on mange un sandwich, on boit une bière et on devient des citoyens sujets à se faire arrêter et se faire donner des amendes, c’est ridicule», a exposé le président-directeur général de la Fédération des pourvoiries du Québec, Marc Plourde. 

Et la Fédération ne comprend d’ailleurs pas pourquoi le gouvernement décide soudainement d’être plus sévère à l’endroit des chasseurs. 

«Je me dis que sûrement, on fait ça en lien avec les accidents de chasse potentiels parce que les chasseurs ont des armes à feu, mais dans les faits, les accidents de chasse au Québec sont extrêmement rares. C’est plutôt des noyades, des gars qui tombent en bas de leur [abri de chasse]», a indiqué M. Plourde. 

Cette mesure contraignante est arrivée des décennies trop tard pour plusieurs chasseurs. 

«Il y a 35 ans, dans les premiers temps que je chassais, dans certains chalets, il rentrait plus d’alcool fort et de bière que de nourriture, mais aujourd’hui, ce n’est plus comme ça. Il y a plus de femmes, des enfants, c’est devenu une activité familiale», a expliqué Serge Leroy Audy, le président de l’Association chasse et pêche de la Mitis. 

«C’est le genre de mesure qui a été proposée par quelqu’un qui ne connaît rien à la chasse ou encore aux chasseurs qui sont sensibilisés», a ajouté M. Plourde. 

Il serait d’ailleurs impossible de faire respecter cet article sur le terrain, selon le Syndicat des agents de protection de la faune du Québec. 

«Même si c’est écrit sur une caisse de bière, rendu en cour, c’est pas mal plus compliqué de prouver que c’était vraiment de la bière dans les bouteilles. Pour ce qui est de faire passer des tests d’alcoolémie ou encore de drogue, on n’a aucun moyen de faire ça», a mentionné le président du syndicat, Martin Perreault. 

Rappelons que le projet de loi 88, qui contient l’article controversé, est sujet à des modifications avant son adoption. 

Mais plusieurs espèrent tout simplement que le nouvel article disparaisse. 

«L’article n’est tout simplement pas applicable. Je considère que c’est un article qui doit être retiré», a conclu Sylvain Roy.