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Câlins à travers un plastique pour combler un manque de chaleur

Elle offre gratuitement d’enlacer les gens durant la pandémie

GEN - CALINOTHÉRAPIE AVEC ALIE
Photo Martin Alarie Notre journaliste a essayé le service de câlins « anti-COVID » offert par l’entreprise Calia, à Montréal.

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Des confinés en manque de contacts humains ont recours aux services d’une Montréalaise qui enlace gratuitement ses clients avec un rideau de plastique « anti-COVID » durant la pandémie. 

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Valérie Hébert-Gentile demande en temps normal 80 $ l’heure pour prendre dans ses bras des clients. Mais, dans la crise sanitaire, pratiquer l’art de la câlinothérapie est presque devenu mission impossible. 

« C’est une cliente qui m’a appelée un jour. Elle m’a demandé si je faisais comme elle voyait aux nouvelles, c’est-à-dire des câlins avec le plastique. Je sentais dans sa voix qu’elle était déprimée et qu’elle avait besoin de chaleur humaine », relate la propriétaire de l’entreprise Calia, ouverte depuis octobre 2018. 

Après cet appel, Mme Hébert-Gentile a mis cinq minutes pour se décider et trois semaines pour fabriquer une bâche étanche à l’aide de nappes transparentes. 

Son rideau de plastique est doté de quatre manches qui permettent à deux individus de s’enlacer. Tous les morceaux ont été fixés avec du ruban adhésif. L’entrepreneure lui a donné le nom de « câlinier ». 

L’invention est fixée dans le cadre d’une porte de son appartement grâce à des rubans velcro.

La propriétaire de l'entreprise Calia, Valérie Hébert-Gentile.
MARTIN ALARIE / JOURNAL DE MONTREAL
La propriétaire de l'entreprise Calia, Valérie Hébert-Gentile.

« Besoin fondamental » 

« Je sentais qu’il fallait aider les gens et surtout en ce moment. Ils viennent me voir parce qu’ils n’ont personne d’autre et ils ont besoin de contacts humains. La plupart se présentent chaque semaine ou toutes les deux semaines. [...] Certains pleurent, d’autres sont très émus », explique Mme Hébert-Gentile.  

« Avec la pandémie, c’est presque impossible d’avoir des contacts humains. Je suis quelqu’un qui a besoin d’être touché. C’est un besoin humain fondamental pour moi », dit Darleen Wong, une fidèle cliente. 

La Montréalaise de 38 ans se sent en sécurité lorsqu’elle utilise les services de Calia puisque le rideau est nettoyé avec du savon entre chaque personne. 

« Tout le monde peut réserver une séance de 10 minutes gratuitement sur mon site. J’offre ce nouveau service depuis juillet 2020. [...] Je suis aussi préposée aux bénéficiaires. Les câlins, c’est deux jours semaine seulement », indique Mme Hébert-Gentile. 

On voit la propriétaire, Valérie Hébert-Gentile, derrière le rideau en plastique qu’elle a créé pour enlacer ses clients en pleine pandémie.
Photo Martin Alarie
On voit la propriétaire, Valérie Hébert-Gentile, derrière le rideau en plastique qu’elle a créé pour enlacer ses clients en pleine pandémie.

Peu de contacts 

Professeure au Département de psychologie de l’UQAM, Florence Vinit rappelle que l’humain n’a jamais été privé de contacts et de câlins comme maintenant.

« Si une personne veut un câlin avec une bâche en plastique, que c’est consenti et que c’est dans un milieu sécurisant, pourquoi pas ? Pour moi, c’est une [manière] créative pour contourner les règles de la pandémie », explique Mme Vinit. 

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