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Comment Guy LeBlanc pourrait-il être blanchi de tout soupçon?

GEN-Conférence de presse du premier ministre François Legault
Photo d'archives, Agence QMI Guy LeBlanc, PDG d’Investissement Québec, lors d’une conférence de presse du premier ministre François Legault, à Montréal en février 2020.

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Est-ce qu’Investissement Québec (IQ) s’est mis les pieds dans les plats en participant l’automne dernier à un financement de 46 millions de dollars dont Marché Goodfood a bénéficié alors que son grand patron, Guy LeBlanc, est lui-même actionnaire de la compagnie ? 

Il faut savoir que lors de sa nomination en avril 2019 au poste de PDG d’Investissement Québec, Guy LeBlanc était membre du conseil d’administration de Marché Goodfood, poste qu’il a évidemment quitté avant d’entrer en fonction à la société d’État.

Le chef de la direction de Marché Goodfood, Jonathan Ferrari, l’avait d’ailleurs félicité pour sa nomination chez IQ en publiant un communiqué où il déclarait : « Plus de 1500 emplois ont été créés au sein de Goodfood pendant que M. LeBlanc était l’un des administrateurs. La contribution de M. LeBlanc et son dévouement envers la Société depuis qu’elle a fait appel public à l’épargne jusqu’à ce jour ont été remarquables et fort appréciés. Nous lui souhaitons le meilleur des succès dans ses nouvelles fonctions de direction. » 

Selon le dernier relevé de ses opérations à titre d’initié de Goodfood, le 18 avril 2019, jour de sa nomination chez Investissement Québec, voici ce que M. LeBlanc détenait comme position dans l’entreprise :  

  • 20 000 actions (achetées à 1,39 $)   
  • 40 000 actions (achetées à 2,50 $)  
  • 25 000 options (prix de conversion : 1,56 $ l’action)  
  • 25 000 options (prix de conversion : 2,55 $ l’action)    

Comme l’action de Goodfood se négocie autour de 8,65 $, ces blocs d’actions et d’options de LeBlanc dans Goodfood valent aujourd’hui 951 500 $, dont 715 450 $ en gains nets sur papier.

CONFIRMATION

Guy LeBlanc a confirmé cette semaine que ses actions de la compagnie Marché Goodfood étaient placées dans une fiducie sans droit de regard depuis sa nomination en avril 2019 chez Investissement Québec.

« Avant d’entrer en fonction comme PDG d’IQ, j’ai mis en place une fiducie sans droit de regard, selon les règles gouvernementales, dans laquelle j’ai déposé mes actions de Goodfood. Je n’ai accès à aucune information concernant cette fiducie », a-t-il déclaré. 

Guy LeBlanc a tenu à effectuer cette mise au point sur le bloc d’actions qu’il détient dans Marché Goodfood après que le député solidaire Vincent Marissal a questionné le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon sur les blocs d’actions et d’options de LeBlanc dans Marché Goodfood.

FITZGIBBON CHOQUÉ

La question du député Marissal a royalement embêté le ministre Fitzgibbon, qui n’était manifestement pas au courant de la position de LeBlanc dans le capital-actions de Marché Goodfood.

Dans un tweet, Fitzgibbon a par la suite « planté » Marissal : « Attitude déplorable de Vincent Marissal au Salon bleu pour attiser la méfiance envers les gens d’affaires. »

Et le cabinet du ministre ajoute que M. LeBlanc a suivi le processus prévu aux Emplois supérieurs et qu’il ne s’est pas placé en conflit d’intérêts.

Pour sa part, Investissement Québec affirme que son patron LeBlanc n’a pas été impliqué dans le processus de financement de Marché Goodfood.

QUESTION

Est-ce que les mises au point de LeBlanc, du ministre Fitzgibbon et de la société d’État suffisent à anéantir les apparences de conflit d’intérêts que lui reproche le député Marissal ?

Malheureusement non ! J’ai l’impression que le PDG d’IQ va devoir composer avec ces accusations d’apparences de conflit d’intérêts, et ce, tant et aussi longtemps que le ministre Fitzgibbon ne demandera pas à Investissement Québec de publier le contenu des procès-verbaux entourant les négociations de la participation d’Investissement Québec dans Marché Goodfood.

La balle est dans le camp de Fitzgibbon.